Edito

Comment Daniel Gonthier voit le monde

Geoffroy Géraud-Legros / 14 août 2010

À le voir débarquant de Brasilia, transporté par le maloya, le kayamb brandi par-dessus un visage fatigué mais victorieux qu’auréolait le label UNESCO, on aurait pu croire que Daniel Gonthier avait pris, à la hauteur de l’enjeu défendu, une envergure nouvelle. Il faut croire, pourtant, que les grandes causes ne font pas forcément des géants : car c’est bien sous le signe de la petitesse que le maire de Bras-Panon a engagé l’après-Brésil.
Pour des raisons politiciennes que l’on sait, Daniel Gonthier s’acharne aujourd’hui contre des titulaires d’emplois aidés de l’association Agir pou nout tout.
Et entend bien les dégager pour y mettre “ses ” emplois ; pas question, pour lui de mettre à profit la distinction décrochée au Brésil pour créer du travail.
À l’acharnement contre les travailleurs précaires de son maire, l’élu panonais Raymond Tong-Yette a tranquillement ajouté l’injure, insinuant sans la moindre preuve que les contrats de l’association pourraient bien être entachés « d’usage de faux ou de complaisances ». Certes, dira-t-il, il n’y a là qu’une supposition. Raymond Tong-Yette ne fait finalement que poser des questions.
Peut-être faut-il aussi être indulgent à l’égard de MM. Gonthier et Tong-Yette : après tout, il est devenu si naturel d’insulter les gens du côté de l’UMP, qu’ils ne se rendent peut-être même plus compte de leur grossièreté et de leur virulence.
Aimeraient-ils pour autant être vus de la manière dont ils décrivent les autres ? Pas certain.
Car voilà ce que dirait celui qui essaierait de regarder le tandem Gonthier-Tong-Yette avec leur propre regard. Et poser des questions. On dirait, regardant le maire « voilà un élu qui n’arrête plus de batt’ carré. En Chine, pendant des semaines entières, sans que l’on sache ce qu’il pouvait bien y faire. Combien cela a-t-il coûté ? Qui a payé ? Impossible à savoir. Il s’est bien gardé d’en rendre compte. Suspect, non ? Mais on se demande si tout cela est bien légal… pas certain... Presque tout de suite après, c’est pour le Brésil qu’il s’est envolé, accompagné de Raymond Tong-Yette. Là on sait qui a payé : c’est nous. Mais on ne sait pas combien. Et M. Tong-Yette, que faisait-il là bas ? Qu’est-ce qui a bien pu justifier son voyage ? Tout cela est-il très net ? De plus, chacun sait que le groupe conduit par Daniel Gonthier était trop nombreux ; on parle officiellement de 7 ou 8 membres... mais certains disent qu’ils étaient 22, d’autres 35. Et cela, sur un blog plutôt favorable à l’UMP. Pourquoi dirait-on des choses pareilles ? Certains parlent d’un coût de déplacement d’1million. N’est-ce pas un peu louche ? Et comment tous ces gens se sont-ils retrouvés à Brasilia ?
Y aurait-il eu complaisances ? ».

G.G.-L.


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