Edito

Comment dans un secteur aussi florissant que la manutention, qui accepterait que le groupement patronal demande de licencier 19 travailleurs réunionnais ?

J.B. / 18 mai 2013

Après demain, lundi 20 mai, les jeunes vont manifester pour réclamer des emplois à La Réunion. Dans 15 jours, si le gouvernement et les députés ne font rien, 40.000 travailleurs réunionnais seront privés de 100 euros par mois. Les planteurs de cannes, qui ont vu le prix du sucre baisser de 36%, risquent de connaître la ruine avec la perte du quota sucrier et des avantages liés. Dans quelques semaines, 10.000 jeunes vont obtenir leur baccalauréat. On dénombre déjà, 162.000 personnes inscrites à Pôle Emploi. Enfin, 69% des jeunes de moins de 25 ans, sortis de l’Ecole, sont au chômage.

C’est le moment que choisissent les patrons de la SERMAT pour demander la tête de 19 personnes. C’est totalement irresponsable ! Car, la manutention est un secteur de quasi-monopole et ne connaît pas la crise. Démasqués par les dockers-victimes, ils auraient pu arrêter-là leur folle décision. Hélas, ils ont appelé en renfort des patrons fanatiques et aveugles, avec à leur tête le Président du MEDEF, en service commandé. Il ne faut pas inverser la situation. C’est quand même la décision de la SERMAT qui est à l’origine de cette grève. Les patrons qui ont manifesté devant la préfecture auraient dû appeler à la raison leurs collègues, au lieu de s’en prendre aux victimes. Hélas, la solidarité de classe était plus forte que la raison.

L’attitude de ce type de patronat, intransigeant et aveugle de profits, est à comparer avec la position raisonnable des pauvres qui se sont réunis le 18 décembre à l’Ermitage. Dans un Appel, ils réclament l’abolition de l’extrême pauvreté avant 2015 et du travail pour les pauvres afin de sortir les victimes de la spirale de l’abandon et de la déconsidération. Cette initiative s’inscrit dans un engagement des chefs d’État du monde d’éradiquer l’extrême pauvreté avant 2015. Ils ont adressé une lettre au Président de la République dans laquelle ils lui demandent de garantir un « reste à vivre » par personne de 300 euros, nets de charge. Il s’agit d’assurer aux plus pauvres au moins 10 euros par jour par rapport aux 5 euros comme actuellement.

Emmenés par le MEDEF, les patrons qui soutiennent aveuglément les dirigeants de la SERMAT font une grosse erreur de calcul. Leur position est intenable et soulève l’indignation d’une population qui souffre. Comment dans un secteur aussi florissant que la manutention, les patrons demandent de licencier 19 travailleurs réunionnais ? N’en rajoutez pas ! Et, si au fond, la raison se trouve dans les erreurs de gestion camouflées par la SERMAT ?

J.B.


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