Edito

Comment les Etats-Unis piétinent le Droit international

J.B. / 26 février 2013

Les Etats-Unis sont ce grand pays connu pour donner des leçons de démocratie et de respect des Droits de l’Homme aux autres pays dans le monde. Certains ont même trouvé qu’Obama était plus crédible que ses prédécesseurs dans ce domaine. Lui-même avait donné des gages de sérieux lors de sa première investiture, en proclamant la fermeture des prisons d’exception à Guantanamo, situées sur le territoire de Cuba. En vain.

Posséder une base militaire très sophistiquée, sur le territoire d’un pays souverain, sans son accord, ne constitue pas aux yeux des dirigeants américains une atteinte grave aux minimums de principes qui gèrent les relations bilatérales. Les Etats-Unis ne s’interdisent de rien dès lors que cela concerne la sécurité des intérêts américains.

La semaine dernière, l’opinion apprend que les Américains ont déjà abattu 4.700 personnes par des drones, ces fameux engins qui se veulent indétectables. C’est un sénateur républicain, Lyndsey Graham, qui a vendu la mèche. D’après les médias, il a déclaré : «  nous en avons tué 4700  ». Cette information a déclenché beaucoup de réactions négatives dans le monde, car ces assassinats étaient tenus secrets et n’ont pas de base légale.

Qui sont les victimes ? Quels actes criminels ont-elles commis ? Comment a été décidées leurs exécutions ? L’inquiétude est grande quand le sénateur vantard souligne : «  Parfois on frappe des personnes innocentes, ce que je déteste, mais nous sommes en guerre, et nous avons tué plusieurs hauts responsables d’al-Qaida  ».

Embarrassé par ces révélations, le gouvernement américain a fini par reconnaître la réalité. Sans plus de précisions. Obama a botté en touche en disant qu’il faut «  plus de garanties que la seule parole des Américains » . Propos très surprenant pour des gens qui se veulent défenseurs des libertés ! Pour moins que ça, des dirigeants politiques et militaires ont été traduits devant la Cour Pénal International (CPI). Mais, les Etats-Unis ne reconnaissent toujours pas la légalité de cette autorité judiciaire qui est bonne pour les autres, mais pas pour eux. Voilà comment la plus grande puissance militaire du monde piétine le Droit.

J.B.


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