Edito

Comment mesure-t-on une politique de régression contre les travailleurs ?

J.B. / 27 décembre 2013

En 2008, la planète est secouée par une grave crise financière, économique et alimentaire. La pénurie de produits de premières nécessités et la flambée des prix poussent de nombreuses populations affamées et appauvries à l’émeute. La FAO a même dû se réunir d’urgence en juin à Rome pour tenter de sauver les plus pauvres. Les spéculateurs s’en donnaient à cœur joie entre le biocarburant et le baril de pétrole. Le coût de la vie est affecté. La Réunion subira de plein fouet diverses augmentations de prix dont le carburant et les produits alimentaires.

Devant l’incurie gouvernementale, des manifestations éclatent dans les Dom-Tom. L’année 2009 sera particulièrement marquée par les manifestations du Collectif des Organisations Syndicales Politiques et Associatives de La Réunion. Le COSPAR obligera le gouvernement de l’époque à céder sur de nombreux points. Les travailleurs obtiendront le RSTA et une prime dite COSPAR, soit une prime de 150 euros par salariés ayant un revenu inférieur à 1,4 SMIC. L’Etat s’engage à financer le RSTA et l’exonération des charges des entreprises sur la prime COSPAR. Les consommateurs de gaz obtiennent une baisse de 3 euros sur la bouteille de gaz qui passera de 20 à 17 euros.

Nous sommes en 2013. Quatre ans après, le gouvernement et son ministre des Outre-Mer fait de la lutte contre la vie chère son cheval de bataille. Quel est le résultat concret ? La bouteille de gaz est à 24 euros à partir du 1er janvier selon "le Quotidien" ! Le chariot-type a augmenté de 30% sur la dernière année. Les revenus des travailleurs sont amputés du RSTA et de la prime COSPAR. Bref, les revenus diminuent quand les prix flambent. La situation générale est plus grave qu’en 2009 : les pauvres et les travailleurs subissent les conséquences d’une politique de régression sociale.

J.B.


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