Edito

Condamnés à innover

Manuel Marchal / 11 juin 2011

Selon la FAO, le montant des importations de produits agricoles va atteindre cette année un nouveau record. La conséquence, c’est une augmentation des prix. Pour les pays fortement importateurs, comme La Réunion, la hausse pourrait être de 27%. Chacun peut imaginer la catastrophe pour notre île.
C’est pourtant dans cette impasse que le pays se dirige s’il continue d’appliquer les mêmes recettes venues du passé. Notre île n’a pas encore rompu avec les pratiques postcoloniales. Une des conséquences, c’est de se tourner vers des régions situées à 10.000 kilomètres de nos côtes pour nous approvisionner. Avec l’évolution du monde, cette situation n’est plus tenable.

Plusieurs facteurs favorisent en effet l’augmentation des cours mondiaux. C’est tout d’abord l’augmentation de la population et c’est ensuite la diffusion dans le monde d’un modèle de consommation utilisant de nombreuses ressources. La hausse du niveau de vie dans des pays comme l’Inde ou la Chine amène des centaines de millions de personnes à vouloir consommer comme des Occidentaux, mais les producteurs n’arrivent pas à suivre, donc les prix augmentent.
Dans le contexte réunionnais, ces hausses ont de graves conséquences du fait de l’étroitesse du marché. Cette situation favorise les monopoles qui font encore monter les prix.

Ce sont donc de nouvelles structures qui restent à inventer, nous sommes condamnés à innover pour éviter la catastrophe. Une piste proposée est le codéveloppement avec Madagascar, pour que l’île sœur puisse devenir plus qu’autosuffisante sur le plan alimentaire afin qu’elle exporte également dans tous les pays de la COI. Cela raccourcira considérablement le circuit d’approvisionnement. Mais ceux qui refusent de regarder vers Madagascar sont-ils capables d’abandonner ce combat d’arrière-garde ? Les propos très inquiétants tenus par Didier Robert contre le créole montrent que le chemin est encore long, car ils découlent précisément d’une idéologie qui refuse d’accorder toute sa place à la terre qui a donné de nombreux ancêtres aux Réunionnais.

M.M.



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Messages






  • nos amis mauriciens ont lancé un programme agricole pour substituer de la
    pomme de terre à la canne à sucre au futur incertain , ceci dans le but de progresser vers l’auto-suffisance alimentaire. Sachant les difficultés de notre filière canne ultra-subventionnée dans un marché mondial du sucre très excédentaire , ne serait-il raisonnable d’évoluer vers des démarches du même ordre ?
    sachant que nous importons X et X tonnes de riz chaque année ( dailleurs
    présenter le riz comme la nourriture " traditionelle " de la Réunion relève de la plaisanterie demandez à nos anciens...) sachant aussi que cette importation comme toutes les autres , est financée pour l’essentiel par des flux financiers venus de métropole ne serait-il temps de choisir enfin de sortir de cette situation ?
    nous nous enfonçons ainsi chaque jour un peu plus dans une double dépendance économique ET alimentaire et notre population devrait bientôt atteindre le million...
    Ubu serait-il roi en l’isle bourbon ?

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