Edito

Conférence de Paris sur le climat : les ONG parlent du risque d’un échec

J.B. / 7 mars 2015

Pour la France, la dernière ligne droite se profile. La conférence COP21 a commencé à Manille pour se terminer dans quelques mois à Paris, indique un site officiel de Paris Climat 2015. La semaine dernière, François Hollande avait fait le déplacement aux Philippines. C’est un des pays au monde qui subit le plus les effets du changement climatique, alors que les Philippins n’ont qu’une infime responsabilité dans ce dérèglement comparativement aux pollueurs historique d’Europe et d’Amérique du Nord. Le président de la République avait visité également la région touchée par le passage de Hayian, le plus puissant cyclone jamais mesuré.

En France, les commentaires ont bien souvent suivi l’objectif prévu par l’Elysée. François Hollande accorde une grande importance à la réussite de la conférence COP21. Ce sera la première fois que la France accueillera un nombre aussi important de chef d’État et de gouvernement. Ils seront rassemblés pour prendre des décisions qui vont engager l’avenir de l’humanité. Il s’agit de fixer un nouveau cadre dans la lutte contre le changement climatique, notamment dans l’atténuation. Cela signifie de nouveaux engagements chiffrés et légalement contraignants pour être efficace. À la différence du Protocole de Kyoto actuellement en vigueur, le texte qui pourrait être signé à Paris inclurait des engagements chiffrés de pays en développement. C’est en tout cas le souhait des Occidentaux. Autrement dit, Manille a marqué le lancement réussi de la conférence de Paris. C’est un point de vue occidental, mais ce n’est pas celui des autres pays du monde.

Les ONG des pays en développement ont analysé le discours de Manille. Pour elles, c’est très loin du compte et la conférence de Paris va droit à l’échec :
« Le changement climatique est une réalité dévastatrice aujourd’hui dans les Philippines, mais l’UE a choisi d’ignorer nos vies et nos droits avec cette annonce. Avec cette proposition, l’UE abandonne officiellement son propre objectif de température de 2C et donc les besoins et les droits des personnes vulnérables à travers le monde. La science est très claire que ces objectifs faibles, combinés avec l’utilisation actuelle des marchés de carbone discrédités, signifie que nous ne sommes pas sur la bonne voie pour résoudre la crise climatique et que l’UE est maintenant complice en nous engageant à de nouvelles destructions », a déclaré, vendredi, à Manille, aux Philippines, un animateur du Mouvement des Peuples d’Asie sur la dette et le développement, Lidy Nacpil.

Quant à un responsable des négociations pour les PMA, Azeb Girmai, il constate que les Européens ont oublié l’aspect financier : « Comment pouvons-nous nous adapter aux impacts du changement climatique sans un engagement sur le financement ? Comment les gouvernements africains peuvent faire évoluer leur action climatique s’ils ne savent pas quel financement et technologie est disponible pour eux ? Un manque d’un engagement de financement est un manque d’engagement à un véritable accord sur le climat à Paris ».

Benajmin Correas, militant de la campagne méso-américaine pour la justice climatique, basée au Salvador, a le mot de la fin : les Européens n’ont pas abordé les pertes et les dommages, soulignant que « c’est un manque de leadership et un échec de l’éthique et les risques d’un échec au Sommet de Paris ».

Les choses ne sont donc pas si bien engagées que cela. Alors si en plus la Nouvelle route en mer, dite Nouvelle route du littoral, est dans les discussions parce que Paris laisse toujours faire, dans quel état la France sortira-t-elle de cette conférence ?


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