Edito

Contribuables et usagers vont-ils encore passer à la caisse ?

J.B. / 26 octobre 2012

La Réunion vit une crise structurelle doublée d’une crise mondiale. Celle-ci impacte lourdement les budgets des gouvernements européens, dont celui de la France. L’alternance ne change pas grand-chose aux divers plans d’austérité initiés par la précédente mandature. À maintes reprises, nous attirons l’attention sur l’aggravation de cette situation.
Il a suffi d’une information parue, avant-hier, à Bruxelles, pour mettre un peu plus la panique. En effet, il a été dit que l’Europe est à court de trésorerie et n’arrive pas à honorer certaines dépenses. La situation est si grave que le commissaire au budget a rencontré le Parlement européen afin d’examiner le vote d’un budget rectificatif pour terminer l’année.

Pour l’année prochaine, il manque 3,5 milliards auxquels il faut ajouter les avances de cette année. Comme les pays membres ont des budgets d’austérité, ils n’ont plus les marges nécessaires pour augmenter le budget de l’Union. Tout le système se tient. Les bénéficiaires des politiques européennes auront du souci à se faire, car nul ne sait les limites de la crise.
La Réunion dont l’économie est toujours fragilisée par la double crise connaîtra des difficultés accrues.

Les aides européennes exigent une contrepartie locale que les Collectivités ne disposent pas. Les subventions et dotations de l’État ont diminué ou ont été gelées. Les investissements directs baissent, car les prêteurs sont méfiants. Des opérations de logements sociaux ont failli ne pas sortir si le Département n’avait pas apporté sa caution, ce qui montre le niveau de suspicion des acteurs financiers au regard de la politique publique.
Il reste donc aux Collectivités d’augmenter les taxes et autres contributions, sauf que le gouvernement a décidé de puiser dans la même source. Pour peu que nos élus passent, à leur tour, à l’action, les contribuables et les usagers vont donc subir la double ponction. Il restera toujours les recettes d’octroi de mer que se partagent les Collectivités. Mais, là encore, la baisse de la consommation des ménages va entraîner une diminution des recettes.

Au final, si les collectivités honorent toutes les factures 2012 dans l’année considérée, il est à parier que de nombreuses d’entre elles vont se retrouver à court de trésorerie avant terme. Si elles décident de faire de la rétention de factures et reporter certaines grosses dépenses en 2013, c’est une gestion à courte vue, car les reports vont s’accumuler et ceux-ci ne pourront tromper aucun banquier. Déjà, les deux tiers des communes réunionnaises ont une épargne nette négative et sont classés communes à risques.
Il est temps que le courage et la lucidité l’emportent pour changer de politique et ne pas pénaliser davantage les foyers Réunionnais.

 J.B. 


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