Edito

Copenhague et l’urgence sociale

LB / 16 novembre 2009

À trois semaines de la Conférence des Nations Unies sur le changement climatique (du 7 au 18 décembre à Copenhague, capitale du Danemark), les présidents du Brésil et de la France se sont rencontrés pour exprimer le souhait que cette rencontre débouche sur la création en 2012 d’une Organisation mondiale de l’environnement afin de réduire « d’au moins 50% d’ici à 2050 par rapport à 1990 » les émissions de gaz à effet de serre sur la planète. Le document présenté à cette fin samedi par les deux chefs d’État préconise « un soutien financier nouveau et substantiel » aux pays les plus pauvres ».
Cette annonce rappelle le dernier Sommet de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) sur la crise alimentaire mondiale (Rome, juin 2008), qui fut « un échec total », selon Jean Ziegler, ancien rapporteur de l’ONU sur le droit à l’alimentation. Et aujourd’hui, toujours à Rome, s’ouvre le nouveau Sommet de la FAO.

D’ores et déjà, un responsable de Médecins sans Frontières a qualifié de « tragédie » le fait que la plupart des chefs des États les plus riches seront absents. Des organisations d’aide au développement ont dénoncé un Sommet qui « risque d’être un gaspillage de temps et d’argent ».
Seulement 8 milliards de dollars sont investis actuellement dans l’agriculture, alors qu’il en faudrait 44 pour accroître la production agricole de 70% et pouvoir nourrir plus de 9 milliards d’habitants d’ici 2050. C’est pourquoi la Conférence épiscopale italienne a déclaré vendredi qu’il y a « un risque d’échec » pour ce Sommet car le projet de document final annoncé « ne mentionne pas les 44 milliards de dollars nécessaires pour l’agriculture, ni un plan pour l’éradication de la faim ».

Au moment où plus d’un milliard de personnes souffrent de la faim, on trouve des centaines de milliards de fonds publics pour alimenter les banques et les plus riches. Cela montre la barbarie d’un système économique et politique qui refuse de prendre les mesures environnementales nécessaires pour assurer la survie de l’humanité et de partager de façon équitable les revenus sur la Terre pour sauver les populations affamées.
À La Réunion, des responsables politiques agissent à la fois pour préserver notre environnement et pour en finir avec « l’apartheid social » qui ronge notre société. Ce combat réunionnais souligne l’importance du lien entre la révolution écologique et l’urgence sociale.

L. B.


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