Edito

Crimée : il n’est pas trop tard pour négocier

J.B. / 18 mars 2014

Le référendum en Crimée a donné le résultat prévu. S’il est suivi d’effet, il signifiera le rattachement de cette région à la Russie, dont elle était administrativement séparée depuis 1954.
Les réactions des dirigeants occidentaux n’ont pas manqué suite à l’annonce du résultat. Les premières sanctions de l’Union européennes sont tombées.
La menace d’un conflit est réelle, et s’il avait lieu il pourrait ne pas être simplement circonscrit à la Crimée et l’Ukraine.

Mais a-t-on véritablement jusqu’à présent cherché la solution dans la négociation. En effet, à partir du moment où l’ancien pouvoir ukrainien a refusé de signer un accord d’association avec l’Union européenne, des manifestations se sont déclenchées. Elles demandaient la signature immédiate de l’accord ou alors la démission du gouvernement et du président.
Au lendemain d’une répression sanglante, un accord avait été signé entre le gouvernement et des représentants de l’opposition. Il donnait satisfaction à plusieurs revendications. Il prévoyait le retour à l’ancienne Constitution et des élections anticipées le 25 mai. Cela n’a pas suffi aux protestataires qui ont continué à demander puis ont fini par obtenir le départ du président de l’Ukraine et du gouvernement.

Aussitôt arrivé, le nouveau régime décide de tout remettre en cause, et se tourne vers l’Union européenne sans discuter avec la Russie avec qui l’Ukraine avait signé plusieurs accords économiques.
Face à cela, les autorités de la Crimée décident d’organiser un référendum d’autodétermination, là aussi sans en discuter avec le nouveau pouvoir de Kiev qu’elles ne reconnaissent pas. Dans la démarche de la séparation de l’Ukraine, elles sont soutenues par la présence de forces armées qui mettent les militaires ukrainiens hors de combat uniquement en encerclant les casernes.

Aujourd’hui, étant donné le résultat du référendum, la tension est de nouveau montée. Située entre l’Union européenne et la Russie, l’Ukraine pourrait au contraire être un pont plutôt qu’une source de division. Elle pourrait faire le lien qui cimenterait une union entre l’Europe et la Russie capable d’être au niveau des Etats-Unis et des pays émergents.
Tout n’est pas perdu, et plus que jamais la négociation doit être privilégiée pour sortir de la crise.

 J.B. 


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