Edito

Crise au sommet

J.B. / 29 décembre 2012

En France, l’année se termine par une grave crise politique. Les divergences se situent sur la mise en œuvre du programme présidentiel, elles divisent la majorité.

Le premier budget du gouvernement n’a pas réussi à rassembler au-delà du Parti socialiste. Les autres partenaires de la majorité présidentielle n’ont pas voté pour au Sénat, ce qui a entrainé un report dans l’adoption définitive du texte. Les désaccords se font jour au sein même du Parti socialiste entre une ligne libérale et une autre plus sociale. Lors du congrès du PS, c’est la ligne libérale qui l’a emporté, avec la diminution du poids de l’aile la plus progressiste dans la Direction.

Dans une tribune parue dans l’hebdomadaire "Marianne", plusieurs élus socialistes, dont Marie-Noëlle Lienemann, s’inquiètent. L’année prochaine sera marquée par des négociations sur l’évolution du Code du travail. Ces élus appellent le gouvernement à s’opposer aux propositions du MEDEF dans la négociation. Ce que demande l’organisation patronale, c’est une remise en cause d’acquis essentiels obtenus par la lutte pendant le Front populaire et au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Ce sont ces lois sociales pour lesquelles les Réunionnais se sont battus pendant plusieurs générations, afin que s’applique enfin l’égalité sociale promise par la loi du 19 mars 1946.

Ces élus socialistes appellent le gouvernement à refuser de présenter une loi reprenant les propositions du MEDEF si l’organisation patronale arrive à sortir victorieuse de la négociation. Car en l’état actuel, un accord minoritaire peut être légal et donc déboucher sur une transposition dans la loi.

Cette prise de position tient compte d’un sentiment d’exaspération. Bénéficiaire d’un capital de confiance très important, ce gouvernement est en pleine crise.

Le résultat de 3 élections partielles a confirmé l’ampleur de la crise de confiance : aucun candidat de la majorité n’a été élu. Malgré l’étalement au grand jour de ses querelles de chefs, et en dépit du report de toute son énergie sur des questions de fonctionnement interne au détriment du rôle de chef de file de l’opposition, l’UMP a fait élire 3 députés.

Alors que toutes les prévisions annoncent une situation économique encore plus difficile l’année prochaine, le gouvernement arrivera-t-il à sortir de la crise ?

J.B.


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