Edito

Crises en Europe

J.B. / 24 février 2014

Samedi, une manifestation a dégénéré. Elle a été ponctuée par de nombreux incidents. Au centre-ville, des incendies ont été allumés, des vitrines ont été brisées, des pavés descellés pour être utilisés comme projectiles pour viser des policiers. Les affrontements très durs ont fait des blessés.
Cette émeute a eu lieu samedi dans une ville qui n’est pas en Ukraine, ni en Bosnie Herzégovine, mais en France. Cela s’est passé samedi à Nantes, une ville dirigées jusqu’en mai 2012 par l’actuel Premier ministre.

Cette nouvelle émeute en France est révélatrice de la tension qui s’accroît dans ce pays. Voici quelques semaines, l’extrême droite avait battu le pavé à Paris pour demander la démission du gouvernement, c’était du jamais vu depuis les années 30. Cette fois, c’est le problème de l’aéroport de Notre-Dame des Landes qui a débordé sur la grande ville de l’Ouest de la France.
Depuis maintenant longtemps, les opposants à la construction d’un grand aéroport dans l’Ouest se mobilisent. Cet ouvrage vise à remplacer l’actuel aéroport de Nantes. Les arguments des opposants sont en lien avec la campagne pour la transition énergétique, prônée justement par le gouvernement. Au-delà du fond, c’est la forme de la contestation qui prend d’importantes proportions.

La France avait connu un mouvement de ce genre, c’était la mobilisation contre l’extension du camp militaire du Larzac. Mais il existe une différence fondamentale entre les deux manifestations. Celui du Larzac se déroulait durant la période des 30 Glorieuses, quand la France et l’Europe occidentale connaissaient le plein emploi. Celui contre l’aéroport de Notre-Dame des Landes a lieu dans un contexte de pire crise économique depuis les années 30. Il est un foyer insurrectionnel planté dans une Europe en pleine crise.

Pendant qu’à Kiev, une manifestation a obtenu la destitution du chef de l’Etat, à l’autre bout de l’Europe la crise économique met les gouvernements en grande difficulté.

J.B.


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