Edito

Dans 4 jours, stoppons la casse sociale

J.B. / 2 mai 2012

En affirmant que le Front national est compatible avec la République, Nicolas Sarkozy a créé un précédent, rompant le pacte républicain contre l’extrême droite. En 2002, ce pacte s’était clairement manifesté par le soutien de tous les partis républicains pour Chirac, qui était alors opposé à Le Pen au second tour de la présidentielle. Résultat, au second tour, Le Pen était écrasé.
Or dans "Minute", journal d’extrême droite, Gérard Longuet confirme l’orientation du candidat de l’UMP. Non seulement celui qui est encore ministre de la Défense accorde une interview à ce journal, mais en plus il juge que Mme Le Pen est un « interlocuteur », et il appelle les « patriotes » à faire barrage à François Hollande dimanche prochain. Quant à l’attitude à observer aux législatives en cas de duel entre un candidat des forces de progrès et un d’extrême droite, Gérard Longuet montre la rupture avec le pacte républicain : « vous imaginez bien que je ne peux pas voter pour la gauche socialo-communiste (…) mais je ne peux pas non plus voter pour le Front national ». Autrement dit, si l’extrême droite est en position d’obtenir du pouvoir, ce dirigeant UMP ne fera rien pour l’en empêcher.

Hier, dans un rassemblement bleu-blanc-rouge à Paris, Nicolas Sarkozy a continué à draguer ouvertement l’extrême droite. C’était la première fois en France qu’un candidat à la présidentielle, qui plus est le président sortant, organisait une contre-manifestation conservatrice le 1er mai. Et son discours a commencé par une attaque violente contre les syndicalistes, c’est-à-dire contre les représentants élus par les travailleurs dans les entreprises.
Cette attitude renvoie à des heures difficiles de l’histoire, quand les syndicalistes étaient pourchassés par le pouvoir parce qu’ils défendaient les travailleurs.
Le reste du discours du candidat UMP a été de la même lignée. Il promet une régression sociale aussi grave que celle subie par les Grecs. Son "nouveau modèle social", c’est la fin des conventions collectives avec des discussions entreprise par entreprise, c’est aussi la soumission totale du travailleur aux intérêts du patron, avec des dérogations au droit en fonction du carnet de commandes.

Dans notre île, cette radicalisation du discours de la direction de l’UMP s’est traduite par la déclaration de Xavier Bertrand contre la laïcité réunionnaise.
À quatre jours du scrutin, la clarification progresse encore. Sarkozy promet une régression sociale sans précédent. Sa politique a déjà largement accentué la crise dans notre pays ces 5 dernières années. Il reste 4 jours pour rendre inéluctable la rupture avec cette politique de casse sociale qui fait tant souffrir la population.

J.B.


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