Edito

Dans moins de 2 mois : la campagne sucrière 2013

J.B. / 20 avril 2013

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(photo d’archives Toniox)

Traditionnellement, en cette période de l’année, usiniers et planteurs se préparent activement à la nouvelle campagne sucrière qui s’annonce. Rien n’est laissé au hasard. Car lorsque la machine est lancée, elle doit fonctionner durant 6 mois et broyer près de 2 millions de tonnes de cannes.

Les planteurs évaluent les tonnages prévisionnels et planifient la récolte et son transport. Planteurs et usiniers se retrouvent au sein du CTICS pour assurer la coordination du dispositif opérationnel. Souvent, des conflits éclatent, car les planteurs se sentent léser par les industriels. Mais, assez vite, les choses rentrent dans l’ordre, car personne n’a intérêt que les crises perdurent.

Cette année, un problème supplémentaire va préoccuper les planteurs et toute la filière : c’est la décision que prendra l’Union européenne à propos du « quota ».

En effet, l’Union européenne a prévu de supprimer les quotas à l’horizon 2020. Mais, les plus pessimistes avancent 2015. Quant au Conseil des Ministres de l’Agriculture, c’est 2017 qui a été avancé. Le Parlement européen s’est saisi du dossier et a exprimé son souhait d’aller le plus loin possible. Mais, quelle que soit l’année qui sera choisie, une chose est sure, l’Europe signe la fin des « quotas » qui garantissaient le prix du sucre, et par conséquent le revenu des planteurs.

À la date choisie, le prix du sucre sera fonction du cours mondial qui est inférieur au prix qui était garanti par le système des quotas. Déjà, en 2006, l’Europe avait pris une décision de baisser de 36% le prix du sucre pour se conformer aux directives de l’OMC.

C’était une première étape, en attendant l’intégration définitive, qui sera arrêtée cette année. Dans cette orientation, le gouvernement avait décidé de compenser la baisse du prix à hauteur de 31 euros pour un prix final payé au planteur de 70 euros la tonne.

La question aujourd’hui est de savoir ce que fera le gouvernement. Car, s’il y a bien un acteur qui savait ce qu’allait devenir la canne, c’est bien l’État qui a toujours été complice des usiniers pour faire payer aux planteurs les conséquences de la mutation de l’industrie sucrière.

J.B.


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