Edito

De Airbus à nos petites entreprises : les travailleurs victimes d’abus

J.B. / 10 décembre 2013

L’information était en bonne place dans toutes les agences : EADS va supprimer 5800 emplois, en Europe. La France doit s’attendre à un millier de postes fermés.

L’annonce a été faite hier lundi 9 décembre au Comité d’Entreprise. Selon le PDG de l’entreprise cette structuration était nécessaire suite aux perspectives de vente d’avions militaires. Au bout de cette réorganisation, l’ensemble des divisions dégagera un chiffre d’affaires de 650 milliards d’euros et s’appellera groupe Airbus et emploiera 45.000 personnes. L’objectif est d’avoir une rentabilité de 10%. Par comparaison, la branche Airbus dont le carnet de commandes est plein à craquer dégage un rendement de 4% seulement, selon les mêmes sources.

Ainsi, c’est bien le besoin de rentabilité maximale qui motive ces décisions sociales graves.

Cela nous rappelle qu’ici même, à La Réunion, des entreprises subissent de pleins fouets la volonté de leurs dirigeants de viser la rentabilité aux dépens des travailleurs. Les travailleurs concernés ne comprennent pas pourquoi il faut licencier quand l’entreprise est florissante. Ou alors, ils ne veulent pas être pressés comme des citrons sans être respectés.

Le propriétaire de la SIB prévoit de délocaliser alors que notre marché ne met pas en danger l’avenir de cette entreprise. Plus de 30 emplois sont en danger. A Citroën, le rachat par CFAO a été accompagné de licenciements, alors que le marché de l’automobile ne peut pas dire qu’il connaît la crise. Il n’y a qu’à voir les publicités dans les journaux, et l’aggravation des embouteillages quotidiens.

Il en est de même pour les travailleurs de la SERMAT qui attendent les résultats d’audit avant de se prononcer sur d’éventuels abus. Le gouvernement serait bien inspiré de venir en soutien à toutes les victimes de cette course aux profits, et s’opposer à certaines pratiques qui sont de l’ordre de l’abus d’autorité.

En France, les réactions des travailleurs au plan d’EADS obligeront le gouvernement à bouger. À La Réunion, le seuil de l’intolérable est franchi depuis bien longtemps. Plus de 170.000 Réunionnais sont inscrits à Pôle emploi. Le gouvernement laissera-t-il faire les patrons qui misent sur la peur du chômage pour accroître leur profit au détriment des droits des travailleurs ?

J.B.


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