Edito

Défi

J.B. / 17 octobre 2013

Aujourd’hui arrive à La Réunion le ministre des Outre-mer. Il inaugure une série de visites ministérielles rapprochées pour notre île. En effet, il est prévu qu’ensuite viennent en particulier le ministre de l’Intérieur, ainsi que celui du Travail.

Les Réunionnais ont l’habitude de ce type de déplacement. Avec le gouvernement précédent, les records de fréquentation ont été battus. Les ministres de Sarkozy ainsi que leur chef de file avaient clairement fait de cet exercice une opération partisane. Pendant cinq ans, les membres du gouvernement se sont souvent rendus au Tampon, alors dirigé par Didier Robert. L’époque Sarkozy a introduit de nouveaux usages. Finis les rencontres traditionnelles en tête à tête avec le président de la Région, puis celui du Conseil général et enfin le maire de Saint-Denis la première matinée. Après sa défaite aux cantonales de 2008, le pouvoir UMP avait décidé de boycotter la Région jusqu’à ce qu’elle tombe dans son escarcelle en mars 2010, grâce à la complicité du PS.

Ces visites partisanes n’ont pas contribué à faire avancer le pays. Elles ont par contre permis à un parti d’utiliser le pouvoir public pour tenter de renforcer son organisation à La Réunion.

Aujourd’hui, la situation de La Réunion s’aggrave de jour en jour. Les indicateurs sont connus, avec plus de 165.000 Réunionnais inscrits à Pôle emploi. Les mesures prises pour faire face à cette aggravation sont relativisées par nos spécificités. Tous les ans, la population augmente de 10.000 personnes. Le temps d’un mandat de président de la République, 50.000 Réunionnais auront obtenu leur bac et ils revendiqueront un emploi au pays pour la plupart. Ces données éclairent sur la nécessité d’une autre politique. Et plus le temps passe, plus l’inaction est coûteuse.

C’est pourquoi les semaines qui s’annoncent s’avéreront décisives. Ces visites ministérielles devront déboucher sur du concret ou alors la situation deviendra trop critique et la population perdra tout espoir.

Dans ces moments décisifs, les Réunionnais ont su montrer qu’ils arrivent à s’entendre sur l’essentiel. C’était notamment le cas en 1945 quand il a fallu en finir avec la misère coloniale. Aujourd’hui, La Réunion est à la croisée des chemins, avec un système à bout de souffle qui laisse de côté la moitié de la population. Le défi est d’arriver à se rassembler au cours de ces prochaines semaines, pour défendre ensemble des propositions essentielles auprès des membres du gouvernement.

J.B.


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