Edito

Demain, grande journée de solidarité

J.B. / 30 novembre 2013

Demain, le monde célébrera la Journée internationale de la lutte contre le SIDA. La Réunion est touchée par cette épidémie mondiale. Mercredi, à l’initiative de RIVE avec le soutien du CHU, un testing day avait lieu dans la rue du Maréchal Leclerc à Saint-Denis. Cela a permis de rappeler que le dépistage est une priorité de santé publique, car aucun vaccin n’existe pour combattre le VIH. Par contre, il existe des traitements qui permettent de limiter la progression du virus.

Or, dans notre région, en Afrique centrale et australe, les personnes porteuses du VIH sont des millions à être privés de ces médicaments. « Les décès liés au SIDA sont devenus rares dans les pays riches. Mais dans les pays en développement, chaque jour 4.000 personnes en meurent encore » , explique le Dr Gilles van Cutsem, directeur médical de MSF en Afrique du Sud.

Dans son pays, des progrès ont été accomplis bien qu’une personne sur quatre débute encore trop tardivement son traitement.

Mais en Afrique centrale, notamment en RDC, un tiers des personnes touchées a accès à un traitement. « Ici, à Kinshasa, la situation est dramatique », explique la Dr Maria Machako. Souvent, des malades arrivent dans notre hôpital alors qu’ils sont déjà dans un état critique, le SIDA étant déclaré. Pour beaucoup, il est déjà trop tard : ils meurent littéralement devant nos portes. 25% d’entre eux ne survivent pas et 39% des décès ont lieu dans les 48 heures. L’accès au dépistage et au traitement est extrêmement limité, et la stigmatisation est forte dans le pays » .

« Quand nous voyons à quel point la situation est désespérée dans des pays comme la RDC et la Guinée, nous avons l’impression d’être restés bloqués à une autre époque. Les graves complications qu’entraîne le SIDA lorsqu’il est déclaré nous rappellent ce dont nous étions témoins en Afrique australe avant l’an 2000, lorsque les ARV n’étaient pas disponibles et que la mort était partout  », affirme le Dr Eric Goemaere, qui a lancé l’un des premiers programmes de traitement du VIH de MSF en Afrique du Sud.

L’accès au traitement anti-VIH est un révélateur des inégalités dans le monde. Parce qu’une personne pauvre vit à quelques milliers de kilomètres de notre île, elle n’est pas soignée. Avec l’adaptation au changement climatique, la lutte pour l’égalité à l’échelle du monde est l’autre grand combat planétaire. Et dans cette bataille, des Réunionnais agissent déjà depuis plusieurs années au travers de la lutte contre le VIH.

J.B.


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