Edito

Demande de mutation de professeurs des écoles : mobilisation bien tardive d’une ex-ministre

J.B. / 4 août 2017

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Nombreux sont les Réunionnais reçus à un concours de la fonction publique nommés en France à vouloir revenir à La Réunion. L’actualité récente a montré la situation dramatique vécue par deux Réunionnaises qui ont un poste de professeur des écoles. Elles demandent à rentrer dans notre île pour se rapprocher de leur famille, mais l’administration refuse. Si elle veulent vivre à La Réunion, elles sont contraintes de se mettre en disponibilité, et donc d’être privées de salaire.

Les mutations des professeurs des écoles ne suivent pas les mêmes règles que les autres enseignants, cela est dû à la nature du concours. Il est académique et non national. Cela signifie que si un candidat est reçu, il est nommé dans l’académie où il a passé le concours. Ceci permet notamment aux Réunionnais d’avoir la certitude d’être nommé à La Réunion à condition que des postes soient libres. Mais cela veut dire aussi que si un Réunionnais passe le concours dans une académie en France, il est nommé là-bas. Et il ne peut changer d’académie que si le rectorat dont il dépend lui donne son accord.

Les deux enseignantes réunionnaises sont dans des académies où tous les postes ne sont pas pourvus. Dans le cadre actuel, la seule possibilité est une permutation. Il faudrait donc trouver à La Réunion des enseignants volontaires pour échanger leurs nominations. Mais ce n’est pas le cas.

Ericka Bareigts est intervenue dans cette affaire. C’est une mobilisation bien tardive. En effet, quand elle était ministre, elle avait l’oreille du gouvernement pour modifier les règles qui empêchent des Réunionnais reçus au concours de professeur des écoles dans une autre académie que notre île de revenir dans leur pays natal. Mais cela n’a pas été fait. Pour quelle raison ?

En effet, si Ericka Bareigts, ministre, n’a pas changé les règles de mutation des professeurs des écoles, qui peut croire qu’Ericka Bareigts, députée inscrite dans un groupe d’opposition, puisse avoir la possibilité de se faire entendre par le gouvernement pour qu’il fasse ce qu’elle n’a pas fait ?

J.B.