Edito

Départementales : l’échec de la stratégie commune PS-PLR

J.B. / 2 avril 2015

Depuis un demi siècle, un objectif des partis au pouvoir est de réduire l’influence du PCR au lieu de répondre de manière concrète et précise aux besoins de la population réunionnaise. Depuis le socialiste Marius Moutet, en 1945, qui s’est opposé à l’application dans les nouveaux départements de l’Egalité sociale jusqu’au PS de 2010, qui s’est félicité de détruire l’Alliance a la Région, en passant par les refus de changement institutionnel, tous les coups étaient portés par le pouvoir contre le Parti communiste réunionnais. Les dirigeants locaux pensaient avoir atteint l’extase anti-PCR avec aucun élu communiste dans les 7 députés, dont 5 pur jus PS.

Trois ans après le triomphe, 3 députés socialistes ont mordu la poussière (Vlody, Bareigts, Orphé) car ils étaient candidats. 2 autres ont limité la casse, en sauvant chacun un canton sur deux. En résumé, sur un potentiel de 18, ils se retrouvent avec 5 élus du cru. Même en réduisant la voilure, on pourrait partir de 11 conseillers sortants : ils ont sauvé tout juste la moitié.

Or, les dirigeants du PS local étaient unis au Tampon pour tenir un point de presse autour du désormais célèbre Michel Vergoz, l’ami de Didier Robert, juste après la trahison de la gauche réunionnaise aux régionales de 2010. C’est le plus gros soutien de Huguette Bello dans la destruction du PCR. Cela s’est encore manifesté lors de ces Départementales où les socialistes de l’Ouest étaient interdits de candidature, en échange d’un accord pour les régionales, qui ne faisait alors guère de doute. 4 secrétaires de section socialiste (La Possession, Le Port, Saint-Paul et Saint-Leu) ont dénoncé cette pratique négative.

Au final, PLR et PS sont entraînés dans le fond. Cette situation n’est pas traitée objectivement par les journalistes qui continuent à comparer la performance de ces deux partis à celle du PCR. C’est infâme de mesurer les forces de la victime par comparaison avec celles de ses pourfendeurs. Les journalistes complices sont étonnés que le PCR soit toujours vivant. Ils n’ont pas tiré les leçons d’un demi siècle de résistance contre les médias et le pouvoir dominants.

Alors c’est plus fun de parler de la victoire de la droite, au lieu d’analyser les raisons objectives de la défaite des pourfendeurs du PCR. Et, si seulement ces derniers s’occupaient vraiment du chômage, du logement, du pouvoir d’achat, des jeunes… mais PS et PLR sont inefficaces vis-à-vis de leurs amis à Paris. Ils font croire qu’ils seront plus performants lorsqu’ils seront totalement débarrassés du PCR. En vérité, ces Départementales portent les stigmates de l’échec de la stratégie commune PS-PLR. Ils comptaient sur de bons résultats aux Départementales pour partir ensemble aux Régionales. C’est un peu raté.


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