Edito

Des fêtes pour réfléchir

LB / 24 décembre 2009

Ce week-end, beaucoup de Réunionnais vont célébrer le 2009ème anniversaire de la naissance de Jésus, ce rebelle Palestinien assassiné vers les 30 ans par l’occupant Romain, avec la complicité de certains responsables de sa communauté religieuse. Certes, cette fête de Noël est de plus en plus dominée, comme d’autres temps forts du calendrier, par le commerce et le gaspillage, mais cela n’empêchera pas des chrétiens de méditer sur les valeurs de justice et d’amour prônées par le messie dont ils se disent les fidèles.
D’ailleurs, d’autres communautés religieuses à La Réunion participent aussi à des cérémonies ces jours-ci. Par exemple, près de temples hindous, ont lieu dans l’amitié et la solidarité des marches dans le feu, basées sur l’épopée du Maha Bharata (ou Barldon, en créole réunionnais) ; et dimanche dans les mosquées sera célébré Achoura, le 10ème jour de l’an islamique 1431, une date importante où les fidèles sont appelés à faire preuve de générosité envers leurs prochains.

On sait également que durant cette période, comme toute l’année parfois, des militants bénévoles des communautés religieuses comme des associations humanitaires laïques se consacrent à des actions de solidarité envers les Réunionnais les plus pauvres. Tout cela devient l’occasion, pour l’ensemble des citoyens, de réfléchir aux causes socio-économiques et politiques de la pauvreté à La Réunion.
En effet, si l’aide à la personne mise en œuvre par des institutions et des associations est très importante, voire parfois vitale, elle ne suffit pas pour remettre en cause le système criminel qui est à la base de tant de souffrances liées aux inégalités sociales. Il est donc indispensable de réfléchir pour voir comment on fait le lien entre les pensées généreuses, les actions caritatives et les luttes pour casser ce rouleau oppresseur.

Au Sommet mondial de Copenhague sur le climat, des militants associatifs, des scientifiques et des responsables politiques ont clamé haut et fort que l’on ne peut pas séparer la protection de l’environnement et le partage équitable des revenus sur la planète. Ce sont deux conditions essentielles du développement durable, sans oublier les dimensions culturelle et politique.
Or, depuis toujours, les communistes réunionnais et d’autres démocrates se battent pour lier la bataille contre la pauvreté et celle pour la sauvegarde de la biosphère. Nous pouvons donc vivre ces fêtes en réfléchissant aux voies et moyens de remettre en cause à La Réunion un système qui crée la pauvreté pour les uns et la pollution pour tous.

L. B


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