Edito

Des mangues de Montpellier dans les marchés forains de Paris

J.B. / 29 juillet 2017

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L’Organisation météorologique mondiale (OMM) et Climate central ont lancé une nouvelle initiative de sensibilisation à la nécessité d’atténuer et de s’adapter au changement climatique. Il s’agit de la diffusion de bulletins météos télévisés de l’année 2100. Les températures décrites par les présentateurs tiennent compte des prévisions des scientifiques. Elles se basent sur un scénario où la température moyenne de la planète se seraient élevées de 4 degrés faute de l’application de mesures drastiques pour éviter cette catastrophe.

Derrière cette moyenne se cachent d’importantes disparités. Ainsi, alors que la moyenne maximale des températures de l’été est actuellement de 22,5 degrés à Paris, cette valeur serait de 29 degrés en 2100, soit 6,5 degrés de plus. Cela voudrait dire que les Parisiens connaîtraient alors le climat actuel de la ville de Fèz au Maroc. Cela entraînerait des bouleversements considérables. Ainsi, dans les marchés parisiens, il serait possible de trouver des abricots du Nord-Pas-de-Calais, des mangues de l’Héraut venues de Montpellier, ou du vin de Bordeaux produit en Bretagne. Cela signifierait également une modification importante de l’architecture pour tenter d’atténuer l’augmentation de la température. Le meilleur moyen serait la plantation d’arbres. Ceci n’est pas sans rappeler une des premières initiatives de la mairie du Port lorsqu’elle commença à être dirigée par Paul Vergès : la transformation de la plaine des Galets en une zone boisée. 40 ans après ces plantations, la population peut aujourd’hui bénéficier d’un climat moins chaud.

Pour avoir une idée des modifications profondes causées par une hausse de 6,5 degrés dans une grande ville, ou de 4 degrés à l’échelle du globe, il faut s’appuyer sur le bilan du dernier épisode de canicule en France. En juin dernier, les températures étaient supérieures de 2,5 degrés par rapport à la normale. Cela a entraîné près de 600 décès dont plusieurs ont été dénombrés sur des lieux de travail, et plus de 3.000 passages aux urgences pour des pathologies liées à la chaleur.

D’autres régions subissent les conséquences de la canicule. Le manque de pluie a favorisé la sécheresse, et l’Europe a connu pour son début d’été d’importants feux de forêt.

La lutte pour l’atténuation du changement climatique est bien une question de santé publique. Et l’adaptation permettra de sauver de nombreuses vies.

J.B.


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