Edito

Des mesures cohérentes pour lutter contre la grippe A/H1N1

LB / 23 juillet 2009

Mardi, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) indiquait que la grippe A/H1N1 a causé la mort de plus de 700 personnes dans le monde. Soit une augmentation conséquente, puisque le dernier bilan publié le 6 juillet par l’OMS dénombrait 429 morts.
Le virus A/H1N1 se propage à une vitesse « sans précédent » sur la Terre par rapport à d’autres pandémies, indiquait vendredi l’OMS. Cette grippe est une maladie respiratoire aiguë contagieuse provoquée par un assemblage de “morceaux” de gènes de virus de la grippe A, réapparue en 2009 sous une forme génétique nouvelle, transmissible de l’animal (porc) à l’être humain, puis d’une personne à une autre.

Pour l’instant, il n’existe aucun vaccin contre cette souche virale et les scientifiques de l’OMS ignorent si les vaccins contre la grippe saisonnière peuvent nous protéger. Selon Margaret Chan, directrice générale de l’OMS, « l’expérience passée nous montre que la grippe peut provoquer une affection bénigne dans les pays riches, mais une maladie plus sévère avec un taux de mortalité plus élevé dans les pays en développement » et cette règle semble s’appliquer à la grippe A/H1N1.
C’est pourquoi le 11 juin, l’OMS a classé cette grippe dans les pandémies*. C’est pourquoi aussi ce phénomène doit être pris au sérieux puisqu’il peut affecter gravement des personnes, jeunes d’abord et toutes celles fragilisées par d’autres pathologies.

Ici à La Réunion, les acteurs de la santé suivent ce problème depuis le début. Aujourd’hui, une seconde réunion des médecins est prévue quant aux mesures de prévention à prendre. La question que l’on peut se poser est de savoir si les responsables de la santé publique vont tirer tous les enseignements de la crise du chikungunya en faisant notamment le maximum pour réduire au strict minimum les contacts entre les porteurs du virus A/H1N1 et les personnes non contaminées.
Nous nous interrogeons donc sur les décisions prises. D’abord, on a envoyé obligatoirement les porteurs du virus aux urgences des hôpitaux. Là, dans les salles d’attente, en présence de dizaines de patients venus consulter, ils pouvaient patienter des heures durant et transmettre le virus H1N1 à l’assemblée.
Mais, à compter de ce jour, tout malade ira chez son généraliste. Ne va-t-on pas ainsi démultiplier les occasions de transmettre le virus ? Ne serait-il pas plus judicieux de confiner le malade et ses proches à leur domicile, où se rendrait le médecin ? Il faudrait en effet savoir si on a le désir réel de circonscrire le fléau annoncé comme potentiellement redoutable en cas de mutation ou bien si — de façon peu cohérente — on multiplie les conditions favorables à une mutation que l’on dit redouter ?

L. B.

* pandémie : épidémie qui atteint un grand nombre de personnes, dans une zone géographique très étendue (ici, la planète).


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