Edito

Des moyens structurels capables de sortir du marasme par le haut

J.B. / 19 mai 2014

Dimanche, les électrices et électeurs de La Réunion iront voter pour désigner leur représentant au Parlement européen. Ce vote intervient tous les 5 ans. Habituellement, ce n’est pas un scrutin qui mobilise des foules. Cette fois, le jour de la fête des Mères n’est pas fait pour arranger les choses. Il faudra donc redoubler d’efforts pour inciter les intéressés à se déplacer. Il nous reste 5 jours.

Le PCR connaît bien la musique car c’est depuis 20 ans qu’il participe à ces élections avec succès. Il a toujours considéré que l’Europe est une réalité de nos enjeux structurels. L’intégration de la France à l’Union Européenne a entrainé automatiquement La Réunion dans le même mouvement. Il a donc fallu définir notre place et notre rôle au sein de ce grand ensemble.

Nous avons pu arracher un statut spécifique de RUP et un instrument d’actions, le POSEI. C’est un immense acquis politique qui a eu sa traduction dans le Traité d’Amsterdam par un article spécifique le 249, remplacé dans le Traité en cours, par l’article 349. L’importance de cet acquis peut-être comparée à celle arrachée le 19 mars 1946 par rapport à la France, en son temps. Dans les 2 cas, des élus Réunionnais ont agi avec une dimension structurelle.

Les dynamiques enclenchées sont toutes relatives et nécessitent constamment des progrès pour sauvegarder nos intérêts. Ces orientations sont inséparables de la recherche de solutions structurelles innovantes afin de nous adapter constamment aux nouveaux enjeux. Il en est ainsi des conditions de notre intégration dans notre zone géographique naturelle.

Personne ne peut parler et agir au nom des Réunionnais pour négocier une politique économique de réciprocité entre La Réunion et ses voisins. Les Accords de Partenariat Economique (APE) tels qu’ils ont été conçus et menés jusqu’à ce jour constituent un danger pour l’économie Réunionnaise. Des générations de jeunes seront sacrifiées. En cette période sociale déjà très tendue, il est urgent d’obtenir les conditions politiques pour que les Réunionnais puissent discuter avec leurs voisins, sans intermédiaire, en responsable, sur un pied d’égalité des échanges sur le plan économique, social, environnemental et culturel.

En France, les choses bougent. Le gouvernement propose, en accéléré, une grande réforme institutionnelle audacieuse pour adapter ses moyens aux nouveaux enjeux européens et mondiaux. La Réunion ne peut pas rester à l’écart de ce processus irréversible qui impacte son existence. C’est le moment de proposer la seule réforme courageuse qui vaille : un territoire, une assemblée, un programme de développement. L’Union Européenne et la France doivent accompagner le consensus qui se fait jour pour doter La Réunion de moyens structurels capables de sortir du marasme par le haut.

J.B.


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