Edito

Des plantations de canne à sucre irriguées par l’eau usée des usines sucrières

J.B. / 19 janvier 2016

Parmi les plus gros investissements à La Réunion figure le basculement des eaux de l’Est vers l’Ouest. C’est de Hawaii qu’est venue cette idée. Voici plusieurs décennies, cet État des États-Unis était une référence internationale dans la canne à sucre. Mais maintenant, cette filière vit ses dernières heures à cause de l’impact de la mondialisation.

Ailleurs dans le monde, d’autres îles cultivent la canne à sucre et doivent également chercher des solutions au problème de l’eau. Pendant que la population augmente, la ressource ne suit pas la même tendance. Le changement climatique rend d’autant plus difficile la prévision, car une vague de sécheresse de plusieurs années peut réduire considérablement le débit des sources et le niveau des nappes phréatiques.

C’est pourquoi une autre piste est le recyclage de l’eau utilisée dans les usines sucrières. Elle est mise en œuvre à grande échelle à Cuba. Voici un extrait de l’article décrivant ce procédé :

« Des turbines sont connectées au système d’irrigation et, au loin, ce mélange de vinasse (résidus de mélasse) et d’eaux usées sert d’engrais naturel pour fertiliser les plantations de canne à sucre.

« Auparavant, des volumes considérables de ces déchets étaient directement déversés dans les bassins hydrographiques Guani et Managuimba. La distillerie d’alcool en génère en moyenne de 800 à 900 mètres cubes par jour, avec une charge organique qui oscillait entre 40 à 60 milligrammes par litre, si bien qu’il faut une grande quantité d’oxygène pour obtenir des eaux réutilisables et susceptibles d’être rejetées dans une source fluviale », a expliqué l’ingénieur Ramon Santos Diaz, directeur de cette entité.

Aussi bien la distillerie que la sucrerie du même nom ont fait l’objet de plusieurs modifications technologiques pour améliorer le rendement et réduire la pollution, et il est prévu cette année de commencer la construction du système de canalisation qui servira à l’acheminement des eaux usées pour l’irrigation de plus de 500 hectares de canne à sucre.

« Il reste encore un ouvrage à exécuter pour compléter le système de traitement : la canalisation acheminant les déchets liquides vers le Bassin sud, ce qui permettra d’utiliser la totalité des déchets traités comme engrais pour les cultures et ainsi tourner la page sombre de l’histoire de la distillerie Heriberto Duquesne, jadis considérée comme la principale source de pollution des écosystèmes de la province de Villa Clara », a expliqué Ramon Santos.

Le recyclage de ces déchets permettra de donner une valeur ajoutée à un produit jusqu’ici considéré comme nocif et d’accroître les rendements des plantations de canne à sucre, une expérience qui est étendue au reste des usines sucrières du pays. »

Rappelons que 56 usines sucrières existent à Cuba.


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