Edito

Des responsables ne veulent pas payer leurs erreurs

J.B. / 15 avril 2015

En 2011, la Libye était un pays encadré par deux autres où le Printemps arabe était précoce : la Tunisie et l’Egypte. Le renversement des présidents de ces deux pays allait donner des idées aux opposants au gouvernement libyen. Ils ont organisé la sécession de l’Est de la Libye. Mais au bout de quelques semaines, ils étaient en train de perdre leur pari. C’est là que Sarkozy est intervenu. Il a lancé les armées de l’OTAN dans une opération de soutien aux rebelles. Au bout de quelques mois, Kadhafi a été vaincu, capturé et exécuté le jour même.

Depuis l’intervention de l’OTAN, l’organisation politique de la Libye s’est effondrée. Le pays est plongé dans le chaos. Cela a des répercussions directes pour un autre pays de l’OTAN, l’Italie. Voici ce que décrit une dépêche de la Panapress :

« Le commissaire européen aux Affaires intérieures et à l’Immigration, Dimitris Avramopoulos, a annoncé mardi que l’Italie subit actuellement de fortes pressions du fait des flux de migrants en provenance de l’Afrique du Nord vers ses côtes, au moment où les autorités italiennes annoncent que l’Italie a reçu lundi 3 000 migrants clandestins.
« L’Italie est présentement sous une forte pression » à cause des vagues de migrants et « nous devons la soutenir et l’aider », a notamment déclaré M. Avramopoulos, qui annonce une réunion extraordinaire la semaine prochaine sur la crise liée à la migration clandestine avec le ministre italien de l’Intérieur, Angéloni Alphano.
Les garde-côtes italiens ont annoncé avoir secouru, rien que pour la journée de lundi, 2.851 migrants dont des enfants et des handicapés.
Ils ont annoncé, dans un communiqué, que ces migrants viennent s’ajouter à d’autres également secourus le week-end, portant à 8.480 les migrants arrivés sur les côtes sud de l’Italie dont la majorité, soit 5.629, sont partis des côtes libyennes. »

La Libye est devenue le principal point de départ des migrants qui veulent tenter d’entrer en Europe par la Méditerranée. En quelques jours, ils sont été des milliers à risquer leur vie en tentant la traversée. Et ce n’est qu’un début car l’État libyen n’est pas prêt de se redresser d’une part, et d’autre part le flux migratoire entretenu par les inégalités à l’échelle du monde est loin de se tarir.
Mais les responsables de cette situation sont bien loin de vouloir en assumer les conséquences. Ils ne font pas de l’accueil de ces migrants leur priorité.


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