Edito

Deux degrés : c’est trop tard ?

J.B. / 12 décembre 2011

À Durban, en Afrique du Sud, des représentants de 194 pays se sont réunis depuis le 28 novembre sous l’égide de l’ONU. Cette 17e Conférence devait faire le point sur l’après Kyoto. Cet accord arrive en effet à expiration en 2012. Le constat que la planète se réchauffe est unanime. Il faut désormais agir vite et globalement pour éviter que le réchauffement ne dépasse les 2 degrés.

Les discussions ont été ardues et il a fallu une prolongation de 2 nuits sans interruption pour qu’on débouche à l’aube de dimanche sur un texte minimum mais qui sauvegarde les possibilités de parvenir à un texte contraignant dans les années qui viennent. Compte tenu du retard accumulé, le 2e constat est que nous n’échapperons pas au dépassement des 2 degrés fatidiques, jugés par tous les experts comme un point de non-retour.

Voilà où nous conduit le manque de réflexion politique qui est la marque de fabrique de la classe des décideurs du monde entier. À La Réunion, où la tendance est de compenser cette absence de réflexion par l’imagerie et l’agitation médiatique, la situation est encore plus grave. On entretient la population dans l’illusion que demain sera mieux. Et, pourtant, notre île est une mine d’expériences en matière de lutte contre le réchauffement climatique.

L’exemple du Port est à ce propos édifiant. L’aménagement du territoire, l’habitat, les routes, la végétalisation ont été conçus de manière utilitaire, esthétique et pour permettre une bonne circulation de l’air. Sur un territoire de seulement 17 Km2, un espace de 17 ha a été arboré comprenant entre autres deux collines artificielles. L’un des objectifs poursuivis par les responsables politiques était de baisser la température de 3 degrés tout en concrétisant la volonté politique de réaliser la ville la plus verte de la zone la plus chaude. Le plus grand projet collectif a été la plantation de 500.000 arbres dans des jardins publics et le long des artères routières. La commune a réalisé ces objectifs sur ses propres financements.

Nul doute que ces résultats expérimentaux ont pesé dans le parcours de Paul Vergès, qui depuis dix ans préside aux destinées de l’ONERC.

J.B.


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