Edito

Didier Robert entraîne ses amis dans une fuite en avant dont lui seul maîtrise le calendrier

J.B. / 8 novembre 2014

Le Président de Région avait un objectif : dénoncer la modification de la participation de l’État dans la continuité territoriale. Une première réunion devant la Préfecture devait être suivie d’une seconde à Saint-Paul. Entre temps, une assemblée plénière était consacrée au sujet. Tout d’un coup, la préoccupation n’est plus du tout la continuité territoriale.

Mystère ! Non seulement, il n’en parle plus (ou presque), il annule la manifestation de Saint-Paul qui devait rassembler encore plus de monde qu’à la Préfecture. Et, surprise, il la remplace par un appel à la grève dans les Collectivités pour dénoncer la baisse des dotations d’État. La plate-forme revendicative a changé. Pourquoi ? Et, en si peu de temps ?

En fait, Didier Robert tente de reprendre le leadership à droite. Il sait qu’aux élections départementales, il est hors course. Après sa défaite aux Municipales, il a peu de prise sur les élections de mars prochain. Tant que les 2 élections étaient liées, il imposait Objectif Réunion, son parti politique, créé dans les hauts de St Pierre, qui aurait phagocyté l’UMP et l’UDI. Le décalage entre les 2 scrutins fragilise sa position. En effet, dégagé des Communes et inutile au Conseil Général, il perdait la main, et c’étaient l’UMP et UDI qui s’installaient confortablement à la direction de la manœuvre pour les Régionales. Il savait qu’il risquait même de perdre l’investiture de ces partis qu’il méprise.

Alors, sur un dossier de « continuité territoriale », il réunit 11 maires qui seront sa caution pour mener son opération de survie. C’est d’ailleurs sous l’égide des 11 maires que l’appel à la manif de la Préfecture a été lancé. Très vite les maires piégés ont vu que la continuité territoriale ne relève pas de leur compétence. Sur ce dossier essentiel pour la population, il était en train de perdre toute crédibilité. D’où l’appel au maintien d’une manifestation le jour du 10 novembre, comme si le Président de Région avait un calendrier personnel qui l’obligeait à prendre absolument la parole et être visible le 10.

Jusqu’à maintenant, il n’en parle pas à ses alliés. Les médias couvrent ses défauts. Mais ses alliés comme ses amis des médias risquent de perdre leur crédibilité dans ce jeu de cache-cache où il sait qu’il n’a plus d’échappatoire. Pour l’heure, la fuite en avant le pousse jusqu’à défier le Préfet, le Gouvernement, la communauté scolaire et la loi sur les fermetures des établissements scolaires qui relèvent de la compétence des Communes. Comme il ne peut pas tromper la perspicacité des lecteurs de Témoignages, vous aurez constaté qu’il ne ferme pas les Lycées qui relèvent pourtant des compétences de la Région. S’il croit réellement à ce qu’il dit, il aurait pu organiser la paralysie.

C’est bien que son objectif n’est pas d’élever la protestation à un niveau capable de faire plier le gouvernement pour pouvoir récupérer le manque de dotation. Ni la continuité territoriale, Ni la baisse des dotations ne sont sa tasse de thé. Il a suffisamment d’argent qu’il se permet même d’en jeter par centaines de millions à la mer. Alors, quoi ? Il a besoin de se constituer une image séduisante pour les jours qui viennent. Cela risque d’être fatal pour le triple Président de Région, de la SEMATRA et de d’Air Austral. Tout le reste relève de la gesticulation médiatique, sans lendemain. Hélas, pour la population.


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