Edito

Didier Robert n’arrive plus à convaincre sur l’efficacité de sa politique, il compte sur les médias pour panser ses insuffisances.

J.B. / 18 octobre 2014

Le PCR dit constamment qu’il n’y a plus de solutions dans le cadre institutionnel actuel. Avec le temps, tous les problèmes non résolus s’accumulent et certains arrivent à maturité plus vite que d’autres. Mais quand cela se produit, la mal est profond. Si bien qu’il faille agir dans l’extrême urgence. Pour avoir une petite chance de réussite, il faut traiter les aspects immédiats dans une perspective durable. C’est à dire examiner les conséquences sur les autres sujets. En d’autres termes, seule la vision à long terme peut éclairer les mesures à prendre immédiatement. Cela diminue les risques d’erreur. Car, personne n’est infaillible, même pas le PCR.
Le rôle des médias est de pousser au débat, car c’est ce qui manque le plus dans une société où les citoyens sont spoliés de leur souveraineté et, finalement, de leur sens de jugement. Dans une société que nous appelons de tous nos voeux à la responsabilité, le jugement des citoyens ne peut pas être réduit à « quelle est votre réaction », en 140 signes ou à des sondages qui flattent l’ego des individus, sans solutions.

Le dossier dit de « continuité territoriale » est typique de la manière de procéder à une sortie de crise. Et, les médias font de la propagande pour les agitations de Didier Robert au lieu d’aider à poser les vrais problèmes et mesurer leur faisabilité.
L’équipe précédente avait une position de principe : c’est un dossier qui relève de la compétence de l’État qui doit organiser l’égalité entre les citoyens. La Région, consultée sur ce dossier, déclare qu’elle peut organiser dans la pratique ce que l’État financera. Devant la pression de l’opinion, le gouvernement fait voter une loi qui va au-devant de la revendication et doit trouver le financement, c’est la règle en matière parlementaire. Les Députés votent une taxe sur le billet des passagers. Cette somme constitue une aide au transport dite de continuité territoriale. La discrimination avec le cas Corse a été constamment exclue du débat.
Il fallait ensuite définir les critères d’attribution. La Région, gestionnaire du fonds collecté, a fait des propositions visant les catégories sensibles. Le gouvernement a fait ses propositions et le tout a été transmis à Bruxelles pour validation.
Malgré tous les critères restrictifs, la demande explosait, au point où la dotation gouvernementale était devenue insuffisante. Des retards commençaient à affecter le dispositif. La Région a continué et, le jour où les arriérés devenaient insupportables, elle a stoppé le dispositif, en attendant mieux. Commença alors des procès en responsabilité, à veille des élections.

Par respect intellectuel, nous voudrions que chacun se rappelle de ses propos : cette histoire étant très récente, c’est très facile. Question de confondre les protestataires d’aujourd’hui, en particulier, le Président actuel. Il siégeait à la Région.
Parce que la Région disposait d’un peu de trésorerie, laissée par la précédente équipe, Didier Robert a décidé de remplacer l’État et aller au-delà de l’entendement. Tout le monde en a profité, même des Socialistes qui s’en émeuvent aujourd’hui.
La seule position juste et conforme à nos rapports institutionnels étaient la position des communistes. Seulement, les communistes ne peuvent pas rester au constat du blocage et il est de son devoir de parti politique réunionnais d’avancer une solution globale et cohérente : ce fut l’A380 modifié. Sortir de la crise par l’économique. Au prochain billet.


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