Edito

Dossier de corruption : des mises en examen à la veille des Sénatoriales

J.B. / 22 septembre 2011

Notre journal vous avait annoncé que la campagne de la Présidentielle allait être animée par « les affaires » sur fond de corruption. Les choses se sont accélérées.

A trois jours des Sénatoriales, le sommet de l’Etat est ébranlé. Selon le “Journal du Dimanche” (JDD) et repris par plusieurs journaux parisiens, Nicolas Bazire a été placé en garde à vue hier. L’homme était directeur de Cabinet de l’ancien Premier ministre d’Edouard Balladur. Il est entendu sur des possibles versements de rétro-commissions dans des contrats de vente d’armes au Pakistan et l’Arabie saoudite. Nicolas Bazire est un très proche de Nicolas Sarkozy. On annonce même qu’il était témoin de son récent mariage avec Carla Bruni.

Il n’est pas seul. On apprend que Thierry Gaubert, un ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, au Ministère du Budget, a été aussi entendu lundi 19 septembre. Et il risque une mise en examen concernant la même affaire.

Le point commun de toutes ces affaires tourne autour du financement de la campagne électorale de Balladur, dont Nicolas Sarkozy était le porte-parole.

Le juge Van Ruymbeke qui instruit l’affaire a déjà recueilli le témoignage de Alexandre Galdin, ancien membre de l’Association de financement des élections de Balladur, que “Le Figaro” rapporte ainsi :
« Tous les trois jours environ, raconte cet homme, j’allais déposer de l’argent en liquide, dans une mallette, au Crédit du Nord ». « En tout, entre le 13 mars et le 24 avril, j’ai dû procéder à 22 dépôts (...). Cela pouvait aller de 100.000 à 500.000 Francs maximum (15.000 à 75.000 euros environ) ». Alexandre Galdin ajoute qu’il ne connaissait pas l’origine des fonds. « Je pensais alors qu’il s’agissait de fonds secrets de Matignon. Tout le monde, au QG, le subodorait », dit-il.
Au matin du 26 avril 1995, poursuit Galdin, « nos bureaux étaient recouverts de dizaines de hautes piles de billets de 500 F ». « Qu’est-ce que c’est ? », ai-je demandé. La réponse qu’on m’a faite, en substance, c’était : « Ne pose pas de questions ». « Cette fois, le volume d’argent était tel que ce n’est pas une mallette, mais une valise (…) que j’ai apportée à la banque », explique-t-il, estimant à « peut-être 3 millions de Francs » le montant de ce dépôt. Ce jour-là, le trésorier de la campagne Balladur, René Galy-Dejean, l’accompagnait à la banque, dit-il.

Le juge cherche à savoir si ces fonds occultes ne proviennent pas de retro-commissions suite à la vente d’armes au Pakistan et à l’Arabie saoudite. L’enquête a rebondi la semaine dernière avec la mise en examen de l’agent commercial en Armement, Zyad Takiedine, la saisie de ses biens et interdiction de sortie du territoire français.

L’UMP et ses candidats aux Sénatoriales sont très embarrassés. Déjà qu’ils avaient fort à faire avec les mesures impopulaires qui pénalisent la majorité de la population, mais protègent les riches. Maintenant, c’est le réseau d’amitié des riches financeurs qui plombe la campagne. Comment des honnêtes gens vont-ils voter pour un parti qui soutient un réseau de trafiquants ?

J.B.


Kanalreunion.com