Edito

Double intégration et responsabilité : clés de l’avenir de La Réunion

J.B. / 17 mars 2017

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Mercredi au Conseil départemental, Maurice Gironcel est intervenu au sujet des menaces qui pèsent sur les travailleurs, à cause de la signature par l’Union européenne d’accords commerciaux avec nos voisins. Ces accords découlent des règles de l’Organisation mondiale du commerce qu’applique l’Union européenne, qui négocie au nom de la France. Il est prévu qu’ils ouvrent la totalité du marché européen aux produits venus de chez nos voisins. Dans l’autre sens, les pays de notre région ont la possibilité d’exclure des discussions des secteurs qu’ils jugent stratégiques.

L’assemblée plénière du Conseil départemental a permis de constater que dans le cadre actuel, La Réunion devra appliquer ces accords, car elle est une région de l’Union européenne. Cela veut dire que les marchandises venues de chez nos voisins pourront être exportées vers La Réunion sans taxe ni quota. Ce sont des produits qui entrent en concurrence avec ceux de l’agriculture réunionnaise en particulier. Face à cela, la seule possibilité de modulation sont les normes sanitaires et phytosanitaires, a expliqué un responsable de la Direction de l’agriculture et de la forêt.

Dans son intervention, le secrétaire général du PCR a souligné que ces discussions se font dans le dos des Réunionnais. Non seulement ils ne sont pas présents autour de la table, mais en plus cela s’aggrave. Maurice Gironcel a rappelé que dans la Commission de l’océan Indien, les Réunionnais ne peuvent plus s’exprimer en tant que tels. C’est en effet un ambassadeur basé à Paris qui représente notre île.

Ce sont les conditions imposées par le cadre actuel. Elles mènent les Réunionnais tout droit à la catastrophe, avec à la clé une aggravation du chômage par la destruction des filières mises en concurrence, d’où une plus forte dépendance aux importations. C’est pourquoi le secrétaire général du PCR a rappelé le projet de son parti : réussir la double intégration. Cela signifie que d’une part, les Réunionnais préservent les acquis sociaux obtenus depuis l’abolition du régime colonial, c’est l’intégration à la France et à l’Europe. Cette première intégration s’accompagne du seconde, qui est l’insertion de La Réunion dans son environnement régional. Si elle se fait dans le cadre actuel, qui est celui de laisser l’Union européenne et la France maîtres des décisions, alors c’est le libre-échange et la ruine de l’économie réunionnaise.

L’alternative se situe dans une double intégration qui prend en compte les intérêts des Réunionnais. Pour cela, elle doit se baser sur les complémentarités avec les pays voisins et non pas sur la concurrence. C’est ce que Maurice Gironcel a appelé la double intégration. Cela suppose que les Réunionnais puissent avoir la compétence de négocier les termes de leur intégration dans la région, ce que ne permet pas le cadre actuel. D’où l’appel du PCR à un rassemblement pour un changement de cadre, qui ne peut que passer par la responsabilité des Réunionnais.

J.B.