Edito

Empêcher la loi Travail de tout aggraver

J.B. / 19 mars 2016

650 emplois supprimés depuis le début de l’année à La Réunion dans le BTP. Le congrès de la CGTR-BTP s’est déroulé hier sur un fond de crise, avec en particulier la liquidation de l’entreprise RECOBAT cette semaine. 36 salariés au chômage d’un coup.

La CGTR-BTP constate que des entreprises sont liquidées et d’autres se créent avec les mêmes patrons. De plus, les négociations salariales annuelles sont difficiles. Le patronat refuse toute augmentation.

Le même jour, les travailleurs de la CFAO ont commencé une grève pour dénoncer la manière dont ils sont traités dans cette entreprise. Ils sont soutenus par l’UR 974 qui avait organisé hier une manifestation devant le siège de cette entreprise pour montrer la solidarité et dénoncer le projet de loi El Khomri.

Ces deux événements rappellent la crise sociale à La Réunion. En raison de décision politiques d’élus réunionnais, Didier Robert, Gilbert Annette et Huguette Bello notamment, les effectifs du BTP ont plongé car des grands chantiers ont été arrêtés. L’État a également contribué à cette crise en remettant en cause les règles de son soutien à la construction de nouveaux logements. Aujourd’hui, l’État diminue la subvention qu’il verse aux collectivités. La conséquence sur les investissements est immédiate.

Cette augmentation du chômage a lieu sur fond de dialogue social très difficile. Depuis 2013, les grèves sont plus dures car les patrons impliqués tentent d’abord de laisser pourrir la situation. Ils veulent aussi obtenir l’appui de la justice pour casser la grève plutôt que de discuter, ce sont des référés déposés contre des grévistes.

Le refus d’appliquer comme prévu la loi du 19 mars est une des raisons qui explique aujourd’hui le chômage massif qui touche notre île. Pour les travailleurs qui ont un emploi, la situation reste encore souvent trop précaire, avec un patronat intransigeant qui refuse de discuter. C’est pourquoi le projet de loi du gouvernement réformant le Code du Travail est une grande menace. Il veut faciliter les licenciements et réécrire le contrat de travail au détriment du salarié.

Après un premier rassemblement le 9 mars devant la Préfecture, une seconde mobilisation a eu lieu hier devant la CFAO. Dans 12 jours, ce sera le temps fort avec un appel à manifester lancé par l’intersyndicale, pour éviter qu’une nouvelle loi n’aggrave encore la situation.


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