Edito

Emploi : pour des solutions nouvelles

J.B. / 21 janvier 2016

Le président de la République a détaillé lundi le plan pour l’emploi présenté lors de ses vœux le 31 décembre dernier. Plusieurs milliards sont mis sur la table. Tout au long de son mandat, François Hollande a demandé à être jugé sur son action dans la lutte contre le chômage. Il a même dit que si la courbe du chômage ne changeait pas, il ne se présenterait pas à l’élection présidentielle de 2017.

Ces annonces ont été faites quelques jours après l’adoption définitive par le Parlement d’une loi visant à proposer un emploi en CDI à tous les travailleurs privés d’emploi depuis plus d’un an. Le financement des emplois créés sera soutenu par un fonds abondé par la globalisation des sommes versées par l’État pour le traitement social du chômage. Ce fonds sera géré par les représentants des travailleurs, des employeurs et des institutions. Cela permettra de rendre possible la création d’activités qui ne sont pas suffisamment rentables dans le système capitaliste. Au bout du compte, les revenus dégagés par la nouvelle activité et le soutien du fonds permettront au travailleur de gagner un SMIC à temps complet.

Dans un premier temps, cette mesure sera expérimentée dans 10 territoires. Des candidatures sont encore possibles. Au terme de l’expérimentation, le dispositif pourra être étendu. Cette loi est la traduction législative d’une initiative d’ATD Quart Monde. À l’Assemblée nationale, la proposition a été adoptée par tous les groupes politiques. Le Sénat, dirigé par l’opposition au gouvernement, a lui aussi voté pour ce texte.

Force est de constater que l’application de la loi qui mettra fin au chômage de longue durée sera loin de bénéficier d’autant de crédits que les mesures annoncées par le président de la République. C’est pourtant une solution plus directe.

À La Réunion, le chômage est beaucoup plus important qu’en France. Là bas, le taux de chômage se situe aux alentours de 10 % alors qu’ici il est plus proche de 30 %. Près de la moitié des Réunionnais privés d’emploi le sont depuis plus d’un an. C’est pourquoi l’amélioration de la situation ne peut plus s’inspirer de ce qui a été mis en œuvre depuis 70 ans. L’heure n’est plus à l’application de mesures décidées pour la France et adaptées à la marge aux spécificités réunionnaises.

Dans son projet, le PCR propose une idée qui converge avec celle défendue avec succès par ATD Quart-Monde. Il s’agit de la création de deux grands service dans l’environnement et l’aide à la personne. Ils visent à répondre à des besoins qui se poseront. Tout d’abord la protection et la valorisation de notre île, de ses paysages, ainsi que la replantation de millions d’arbres pour atténuer les effets du changement climatique et créer de nouvelles richesses. Ensuite, il faudra faire face au vieillissement inéluctable de la population, ce qui créera de nouveaux besoins.

Dans le système actuel, une grande partie des emplois de l’environnement sont occupés par des travailleurs qui ont des contrats précaires à temps partiel.

Pour mettre en œuvre ces deux grands services, le PCR propose de mutualiser les aides de l’État au titre du traitement social du chômage. Elles constitueront un fonds qui sera géré par les personnes concernées, notamment les travailleurs et les employeurs. Cela permettra de créer des emplois durables, à l’abri des pressions politiques à l’approche des élections. L’objectif est de créer rapidement des dizaines de milliers d’emplois.

Pourquoi ne pas cibler les efforts de l’État sur cette proposition ?


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