Edito

En 2014, face aux pouvoirs dominants, les pauvres et leurs organisations prendront le pouvoir

J.B. / 29 août 2013

Des chiffres ont été publiés, lundi, qui mettent l’accent sur la pauvreté extrême que connaît la société Réunionnaise. La situation a été qualifiée de « hors norme » par les experts, auteurs de l’étude. C’est la condamnation sans appel d’un régime politique hors des réalités. C’est surtout un avant-goût de la prochaine visite de François Chérèque, envoyé du gouvernement qui viendrait nous vendre les mesures du gouvernement en faveur de la pauvreté en France. Les Réunionnais connaissent la musique du pouvoir assimilationniste : ce qui est bon pour la France est bon pour La Réunion. Ils regardent La Réunion à travers le prisme déformant parisien.

Pourtant, si l’Insee était la Météo, il y a belle lurette qu’on aurait déclaré La Réunion zone sinistrée, victime d’une catastrophe sociale sans précédent. En pareille circonstance, tout le monde aurait été solidaire. Les pouvoirs dominants : médias et élus, auraient diffusé les moyens d’actions engagés pour faire face à la situation exceptionnelle. Les élus auraient été interviewés sur l’efficacité des moyens mis en œuvre. Les victimes auraient été au cœur de l’actualité. Il aurait été fait appel à l’élan de générosité dont La Réunion est coutumière.

Or, ce qui domine dans les médias, dans les Collectivités et chez les élus, c’est la fête. Pour un observateur extérieur, La Réunion est tout le temps en fête. On a rarement vu un tel gaspillage d’argent pour des activités festives. Si seulement, on accordait autant de temps à expliquer et présenter les victimes de la catastrophe sociale, la prise de conscience collective aurait été plus efficiente. La tendance est de fabriquer des créatures médiatiques, dont la seule efficacité, c’est la diversion dont l’objectif est de détourner les Réunionnais de leur responsabilité collective et individuelle.

Avec plus de 160.000 personnes inscrites à Pôle emploi et plus de 300.000 individus vivant de minimas sociaux, il est temps de changer de comportement et aller à l’essentiel. Ou bien les pouvoirs dominants arrivent à inverser la tendance en s’occupant réellement des pauvres, ou bien qu’ils arrêtent de faire du tort à la société, les jeunes et les plus anciens. À Saint-Paul, l’Appel de l’Ermitage a organisé le premier Conseil Municipal des Pauvres qui a procédé à la désignation d’une Maire pauvre authentique. Les études de l’INSEE donnent raison à leur engagement. En 2014, les pauvres et leurs organisations prendront le pouvoir.

J.B.


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