Edito

En ces temps de crise, l’importance de l’accord financier de 2007 arraché par Paul Vergès

J.B. / 22 juillet 2011

Nous sommes au cœur d’une crise financière sans précédent dans l’Union européenne. Tous les experts prédisent une extension de l’épidémie vers les États-Unis, dans les jours prochains. C’est le pays d’où est partie la contagion en 2008, avec la faillite de la banque Lehman Brothers. Effet boomerang ou retour à l’envoyeur, peu importe les mots, la réalité, c’est que les investissements vont souffrir du fait d’un manque de moyens financiers de la part des pouvoirs publics.

En 2007, à la veille des élections présidentielles françaises, les programmes des candidats n’envisageaient aucunement un tel scénario catastrophe pour la mandature actuelle. Deux années plus tard, nous vivons sous un régime de rigueur budgétaire qui court jusqu’en 2014, au minimum. Quant à l’économie réunionnaise, elle est entrée en récession, après une période faste d’un quart de siècle.

C’est à l’aune de cette réalité que nous pouvons mieux mesurer l’importance des accords signés à Paris, au mois de janvier 2007, par Paul Vergès, président de la Région Réunion et Dominique de Villepin, premier ministre. L’État s’engageait à financer de manière exceptionnelle 2 projets essentiels : le Tram-Train et la Route du Littoral. L’enveloppe se montait à 2,2 milliards d’euros.

Ainsi, cette initiative exceptionnelle (et concertée au sommet de l’État) permettait non seulement de relayer les activités après la fin des travaux sur la Route des Tamarins, mais surtout de disposer d’un confort financier appréciable pour soutenir l’emploi. Les Réunionnais pouvaient traverser la crise actuelle, avec plus d’aisance.

Hélas ! Un démolisseur est passé par-là. La suppression des projets prévus s’apparente à un crime envers La Réunion. La réutilisation du terme « accord de Matignon », même affublé du nombre 2, est une tromperie, voire une imposture. Car, l’engagement financier de l’État n’a plus rien à voir avec les avantages arrachés par Paul Vergès. Sans le changement de direction régionale, La Réunion aurait eu un visage dynamique au lieu d’assister aux pillage et gaspillage du résiduel des fonds issus des Accords Vergès-Villepin.

En ces temps de crise, nous invitons chacun à méditer sur le caractère anticipatif et sécuritaire qu’aurait eu l’accord financier de 2007.

J.B.


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