Edito

Encore un coup pour rien ?

J.B. / 2 août 2011

Une solution a été trouvée pour la Grèce, une autre pour les États-Unis. Il ne sert à rien de pavoiser car on a sauvé l’immédiat mais on a aggravé l’avenir.

Quant au premier trimestre 2010, la Grèce est confrontée à un défaut de remboursement de sa dette, une aide de 110 milliards d’euros lui a été octroyée, moyennant un plan de réduction des dépenses publiques et sociales. Cela a conduit à des émeutes. Et, malgré l’investissement massif des Chinois, l’économie du pays n’a pas réussi à se redresser. Un an plus tard, la situation s’était lourdement aggravée. Pour retrouver un certain calme, une nouvelle aide de 160 milliards d’euros lui a été consentie jusqu’en 2014, assortie de nouvelles mesures d’austérité.
On a sauvé l’immédiat mais la population va souffrir de toutes ces cures d’austérité et devra rembourser au prix fort les emprunts durant 20 ans !

Les États-Unis sont confrontés à un déficit public qui se monte à 14.300 milliards de dollars. Ils doivent traiter 2400 milliards de déficits supplémentaires. Comme ils ont atteint le niveau d’emprunt autorisé par la loi, ils doivent élever leur capacité d’emprunter, sinon, c’est le « défaut de paiement », c’est-à-dire la faillite. Un accord a été trouvé qui prévoit une soupape d’emprunt de 2000 milliards jusqu’en 2013, en contrepartie d’un plan de diminution des dépenses publiques et de régression sociale.
De plus, il faudra économiser environ 100 milliards annuellement durant 10 ans.

Ces différents plans d’austérité vont occasionner une baisse de la consommation qui va impacter négativement la croissance et la création de richesse et d’emploi. Les pays soumis à ces potions libérales vont s’appauvrir. Pendant ce temps, d’autres pays connaîtront des situations identiques : l’Irlande, le Portugal, l’Espagne, etc. mais, l’Europe a déjà dit qu’elle ne pourra pas agir comme pour la Grèce.

En fait, la crise actuelle est structurelle. Sans une réforme totale du système financier mondial qui génère ces contradictions, les mêmes causes produiront les mêmes effets. On doit s’attendre à une aggravation considérable de la situation économique, sociale et politique, en Europe comme aux États-Unis.
Un coup pour rien, serait-on tenté de dire.

J.B.


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