Edito

Et « nos impôts » alors ?

Geoffroy Géraud-Legros / 28 juillet 2010

Depuis un certain temps, l’UMP réunionnaise brandit l’étendard du contribuable en colère. Non pas au nom du légitime droit de regard que peuvent et doivent porter les citoyens sur l’usage des fonds publics, mais dans un registre populiste qui rappelle fortement celui de l’Extrême-droite.

Cette démagogie a lourdement pesé sur la période d’avant-Régionales, pendant laquelle on a vu pulluler des porte-parole prétendument « apolitiques » spécialisés dans la dénonciation, l’invective et la diffamation.

« Nos impôts ! », a-t-on vociféré tout à tour contre la route des Tamarins, contre le tram-train, contre la Maison des civilisations et de l’unité réunionnaise (MCUR), contre la géothermie, contre les A-380 et contre Air Austral, contre les programmes d’autonomie alimentaire et énergétique, etc.

Pire : l’habitude s’est instaurée dans notre pays de “lyncher” hommes et femmes politiques sans autre forme de procès, là encore au nom de « nos impôts ». Une atmosphère d’hystérie fiscale entretenue par des collectifs de « contribuables » tous plus bidons les uns que les autres.

A défaut de faire avancer le débat politique, cette manière de faire a propulsé des ascensions aussi fulgurantes qu’improbables, dont la plus notable est celle de Fabienne Couapel-Sauret.
Dès son arrivée dans notre île il y a un peu plus de trois ans, l’ex-élue de la Droite “dure” du Sud de la France a multiplié les groupes et les actions contre à peu près tout : musées, routes, trains.
Avec à la bouche « nos impôts ».
Un temps avocate de la vertu fiscale et de la transparence auprès de Jean-Paul Virapoullé — ce qui se passe de commentaires —, elle occupe depuis l’arrivée de l’UMP à la Région le poste enviable de vice-présidente chargée de faire rouler 2.000 bus.

Or, Didier Robert nous a appris hier que ces fameux bus seraient payés par le Département et les intercommunalités (CINOR, CIREST, CIVIS, TCO), dans le but de remplacer un projet de tram-train prévu pour être financé par l’Etat. En clair : si l’UMP parvient à ses fins, ce sont « nos impôts » qui vont financer la casse du chemin de fer. Et si Mme Couapel-Sauret recommence à se démener, ce sera cette fois-ci dans les couloirs des institutions.
Pour nous faire passer à la caisse.

Geoffroy Géraud-Legros


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