Edito

Ethique et visite ministérielle

Témoignages.re / 6 février 2014

A quelques semaines des élections municipales, une nouvelle visite ministérielle débute aujourd’hui. Le parcours est donc minutieusement scruté car la présence d’un ministre dans une commune dans cette période peut être un soutien bienvenu pour un candidat.
Quand Nicolas Sarkozy était président de la République, le pouvoir parisien avait privilégié plusieurs communes dans les programmes des visites. Mise à part la préfecture, Saint-Denis, les représentants du gouvernement venaient plus souvent qu’ailleurs au Tampon, et à Saint-Pierre. A ce moment, Didier Robert était le représentant de Sarkozy à La Réunion, tout était bon pour le mettre en valeur. Le ridicule a été jusqu’à faire déplacer une ministre pour inaugurer la réhabilitation d’une crèche. Quant aux Etats généraux de l’Outre-mer, ils étaient présidé par le Premier ministre au Tampon, et sans doute trompé par ses informateurs, François Fillon s’était laissé aller à annoncer la présence de plusieurs milliers de personnes à l’extérieur de la salle.

Le gouvernement change mais les méthode du pouvoir reste les mêmes. Cette fois, il s’agit de promouvoir des députés mis en difficulté par la politique du gouvernement. La suppression du RSTA, la fin de la prime COSPAR, les restrictions de la dépense publique en pleine crise sont des mesures impopulaires. Les députés socialistes et Huguette Bello ne s’y sont pas opposés.
Lors d’une de ses visites, Victorin Lurel avait participé à un meeting de Jean-Jacques Vlody, député candidat maire.
Le programme du séjour de François Lamy, ministre de la Ville, a tourné à la caricature. Les seules villes à l’honneur étaient celles ayant pour conseiller municipal des députées de la majorité (Saint-Denis), des députés-maires de la majorité (Saint-Paul, Saint-Joseph et Saint-Benoît) et une commune où un député tente d’être maire (Le Tampon). Pas un pied posé au Port, ville pourtant pionnière en matière de rénovation urbaine.

Pour le programme de Marisol Touraine, force est de constater que les deux temps forts de la visite auront lieu à Saint-Denis et à Saint-Paul, où deux soutiens du gouvernement tentent de se faire réélire. Pour ne pas faire de jaloux, une escale à Saint-Joseph est prévue. Une tentative de rééquilibrage est faite avec un passage à Bras-Panon, à Saint-Pierre où le CHU est inévitable, et à Sainte-Marie pour visiter le nouveau siège de l’antenne Nord de la CAF.
Le Port est une nouvelle fois snobée par un ministre. Pourtant, la politique menée par les maires qui s’y succèdent depuis 1971 a permis à cette ville d’être un important Pôle sanitaire à l’échelle de La Réunion. Et nombreux sont les Réunionnais qui viennent chaque jour au Port pour se faire soigner.

Mais Paris a une autre ambition : la ministre ira apporter un soutien à une députée maire en perdition face à ses promesses non tenues. Huguette Bello avait fait de la construction d’un nouvel hôpital à Saint-Paul une de ses priorités. Mais le projet de PSO a pris du retard et même le "JIR" a fini par écrire que c’est une « arlésienne ». Or, demain, une ministre va venir poser une première pierre pour cet hôpital, à quelques dizaines de jours du premier tour des municipales à Saint-Paul. Fidèle à l’esprit de l’éthique qui anime son parti, gageons que la députée-maire de Saint-Paul ne manquera pas d’inscrire dans son compte de campagne le coût de ce soutien ministériel.

 J.B. 


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