Edito

Etre responsable d’un pays, cela s’assume

J.B. / 28 janvier 2013

De l’Angleterre aux USA, ce mois-ci, des dirigeants ont évoqué la lutte contre les changements climatiques, un sujet qui avait mis La Réunion en pôle position.

Lundi 7 janvier, le prince Charles d’Angleterre était à la télé privée ITV, dans son pays, et il a rappelé son combat pour la défense de l’Environnement. Il a particulièrement insisté sur la lutte contre les effets du changement climatique. Tous les médias ont retenu cette phrase : « J e ne veux pas entendre mon petit-enfant me demander : pourquoi n’as-tu pas fait quelque chose ?  ». Agé de 64 ans, il est conscient d’un autre enjeu : la prochaine naissance de l’enfant issu de la récente union du prince William et de Kate. Ce qui l’amène à dire : «  Naturellement, maintenant que nous allons avoir un petit-enfant, c’est une raison supplémentaire pour tenter de s’assurer qu’on lui laisse quelque chose qui n’est pas complètement un calice empoisonné  ».

Quelques jours plus tard, lundi 21 janvier 2013, les États-Unis fêtaient l’investiture de Barak Obama pour son deuxième mandat. Devant son public et les caméras du monde entier, le Président des USA prête serment. Dans son discours, il dit (aux Réunionnais, aussi) : «  We, the people, still believe that our obligations as Americans are not just to ourselves, but to all posterity. We will respond to the threat of climate change, knowing that the failure to do so would betray our children and future generations. Some may still deny the overwhelming judgment of science, but none can avoid the devastating impact of raging fires, and crippling drought, and more powerful storms. The path towards sustainable energy sources will be long and sometimes difficult. But America cannot resist this transition ; we must lead it ».

Bien sûr, les promesses n’engagent que ceux qui y croient. Mais, à La Réunion, nous étions déjà dans la réalisation. Initiateur d’un projet de loi, voté à l’unanimité, au Sénat, Paul Vergès a permis à la France de disposer d’un Observatoire national pour l’étude sur le réchauffement climatique. Président de l’ONERC, avec son équipe, il a fourni un énorme travail aux différents gouvernements depuis une décennie, et ses conclusions servent aujourd’hui de « matrice » pour les politiques d’adaptation aux changements climatiques. A la tête de la Région Réunion, il a fait progresser de manière significative et méthodique le concept d’Autonomie énergétique, comme réponse réunionnaise au changement climatique.

Hélas, l’équipe actuelle s’est évertuée à casser tous les ressorts de cette grande ambition réunionnaise et mondiale. Le peuple réunionnais était en pôle position. Nous avions 20 ans d’avance. C’était notre part de responsabilité dans l’effort commun mondial pour atténuer les effets du réchauffement climatique. Etre responsable de l’avenir d’un pays, cela s’assume sur plusieurs générations.

J.B.


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