Edito

Face aux cyclones, leçons de La Réunion et d’Amérique

J.B. / 8 janvier 2013

La Réunion vient d’essuyer le premier mauvais temps de la saison qui dure en moyenne 3 à 4 mois. Quatre jours après le passage éclair de Dumilé, des foyers n’étaient toujours pas raccordés à l’électricité et des milliers d’autres manquent encore l’eau potable. Le réseau routier est endommagé et les agriculteurs sont à la peine. Les prix vont flamber avant même qu’on n’ait vu le moindre commencement d’une action anti-inflation, tant vantée par la communication du pouvoir depuis plusieurs mois.

Et, pourtant quoi de plus naturel qu’un phénomène cyclonique en milieu tropical ? Personne ne devrait en être surpris. Des pouvoirs publics responsables devraient intégrer cette préoccupation comme une donnée permanente, et mener une politique d’anticipation, de prévention et d’éducation. Ce n’est pas le cas. Toute l’économie générale de la société réunionnaise devrait être subordonnée à cet élément naturel fondamental. Et, chaque année, des opérations d’envergure devraient être entreprises pour sensibiliser la population à toutes les conséquences du phénomène. Ce n’est pas le cas.

La tendance est la déresponsabilisation grandissante des Réunionnais. Ce sont des fonctionnaires de passage qui pensent, parlent et agissent à la place des élu(e)s réunionnais. Cela, au moment même où les Réunionnais sont des témoins télévisuels de ces phénomènes extrêmes qui se multiplient dans le monde, surprenant pouvoirs publics et populations qui ne s’y sont pas préparés.

Le cas typique est le cyclone Sandy qui, fin d’octobre 2012, a dévasté New York et le New Jersey. Plus de 100 morts et des dégâts inimaginables pour la première puissance mondiale. Les médias ont transmis des images d’Américains prisonniers de leur système de pensée et dépassés par des pratiques quotidiennes inappropriées, dans leur gratte-ciel. 60 jours après, les gouverneurs de ces États, les plus touchés, ont dénoncé dans un communiqué commun l’irresponsabilité des parlementaires qui n’ont toujours pas voté un budget de 60 milliards pour panser les blessures. Et on apprend qu’Obama vient de signer une avance de… 9 milliards seulement ! Le solde, soit 51 milliards, pourrait être mis en débat vers le milieu de ce mois !

Pendant que les victimes de Sandy pleurent leurs morts ou les dégâts économiques, les médias américains diffusent en boucle des images du président américain nageant dans les eaux bleues d’Hawaï. Il est en vacances ! Cela ne vous fait pas penser à nos 7 députés ?

J.B.


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