Edito

Face aux difficultés structurelles de La Réunion, il faut tordre le cou au sectarisme qui bloque le changement

J.B. / 15 octobre 2011

La Réunion est entrée en récession économique depuis 3 ans. Le chômage atteint 37% de la population active. Les prix continuent de flamber. Le pouvoir d’achat diminue. D’ici 2030, il faudra 180.000 logements neufs et 144.000 emplois supplémentaires.

Les victimes et la jeunesse ne resteront pas à la porte du banquet en attendant des miettes de la société officielle. L’exemple de Mayotte montre que le peuple en a marre et il l’exprime courageusement.

Un vent de mécontentement monte du peuple qui réclame le changement à l’occasion de la présidentielle de 2012. Il ne s’agit pas de remplacer un président par un autre. Il faut un changement de politique courageux. Il est possible d’unir toutes les victimes et la jeunesse sur un programme d’intérêts communs. Ceux qui ne souffrent pas ont le devoir de se mettre au service de nos compatriotes abandonnés. Il faut unir les forces de progrès.

Face aux difficultés structurelles de La Réunion, il faut tordre le cou au sectarisme. Le “JIR” annonce que la première secrétaire du Parti Socialiste Français, Martine Aubry, avait prévu d’adresser une lettre à Paul Vergès mais que le courrier a été bloqué par sa Fédération locale pour empêcher les communistes réunionnais de participer à la primaire citoyenne.

Il était clair dès le départ que cette consultation n’était pas réservée aux seuls adhérents du Parti Socialiste Français. C’est d’ailleurs là la grande nouveauté. Il était clair également que le PCR n’étant pas le PSF, les rapports entre nos organisations se fondent sur des relations d’Égalité et de Respect mutuel. À quoi a servi l’ostracisme envers les communistes réunionnais ? Sinon, à faire perdre leur propre candidate ? Peine perdue, au deuxième tour, Martine Aubry écrit à Paul Vergès une lettre de clarification qui montre les limites du sectarisme.

Un détail : Jean Glavany représentant de Martine Aubry est venu en campagne à La Réunion, en septembre, tout en ignorant superbement le PCR. Or, c’est précisément lui, qui avait été envoyé par Mitterrand en 1987 pour négocier les conditions de l’engagement du PCR au renouvellement présidentiel de 1988. Mitterrand s’engagea en faveur de l’Égalité, il fut accueilli triomphalement à Gillot et largement réélu.

24 ans sont passés et près de 60% de nos compatriotes vivent toujours sous le seuil de pauvreté. Ne méritent-ils pas un peu de Respect de la part de dirigeants politiques grassement indemnisés, qui ne connaissent pas la crise ?

J.B.



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  • Une question : Si Martine AUBRY a réellement envoyé une lettre aux dirigeants du PCR, pour quelle raison insolite ce courrier a-t’il été expédié "sous couvert" de la Fédération de La Réunion du PS ? N’était-il pas plus déférent de l’expédier directement à ses destinataires ?
    A titre d’exemple, dans les Bouches du Rhône et dans l’ensemble de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, Madame Aubry s’est directement adressée au Front de Gauche et aux mouvements écologistes, sans passer par le filtre des Fédérations départementales.
    Pour expliquer ses réticences envers le PCR, il semble que l’on retrouve chez Madame Aubry les raisonnements alambiqués et les vieux réflexes de ce que l’on appelait jadis la "deuxième gauche", ce mode de pensée obsolète inspiré initialement par Rocard et Delors et qui nourrit encore la rhétorique confuse de certains socialistes réunionnais.
    En tout état de cause, le succès des "Primaires citoyennes" à La Réunion ne peut être attribué à une Fédération socialiste qui a surtout brillé par sa discrétion.
    Espérons enfin que les résultats du 16.10, qui en toute logique arithmétique devraient entériner la désignation de Hollande, ne souffrent d’aucune rétention de la part des organisateurs du scrutin.

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