Edito

Faire entendre la voix de la responsabilité des Réunionnais

J.B. / 15 mai 2017

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« Je ne céderai sur rien des engagements pris vis-à-vis des Français. Tout ce qui concourt à la vigueur de la France et à sa prospérité sera mis en œuvre. Le travail sera libéré, les entreprises seront soutenues, l’initiative sera encouragée. La culture et l’éducation, par lesquelles se construit l’émancipation, la création et l’innovation seront au cœur de mon action. » : dans son discours d’investiture, Emmanuel Macron a confirmé qu’il appliquera son programme sans dévier.

La feuille de route du nouveau président de la République est claire. Il compte changer le Code du travail en utilisant le moyen des ordonnances pour aller plus vite. La modification du Code du travail vise à aller plus loin que ce qui a été fait sous la mandature de François Hollande. Les protections des travailleurs contre les licenciements et la capacité de résistance des syndicats seront diminuées. Le but est d’éviter que le débat puisse s’installer comme cela avait été le cas lors de la loi El-Khomri. Tout serait alors voté avant que la contestation puisse s’organiser.

Pour l’Outre-mer, Emmanuel Macron a également fait part de sa volonté d’organiser rapidement des assises. Sur ce point, le nouveau président de la République montre une différence avec son prédécesseur. En effet, le texte sur l’égalité réelle outre-mer est une des dernières lois votées pendant le quinquennat de François Hollande.

Pour ces deux questions, il est essentiel que la voix des Réunionnais soit entendue. Notre île a un taux de chômage trois fois plus important qu’en France. Toute mesure facilitant les licenciements va encore accroître la précarité des travailleurs. Concernant les outre-mer, la grève générale en Guyane a illustré l’échec des politiques menées par le précédent gouvernement. Des députés sortants tentent d’échapper à ce bilan en cherchant à changer d’étiquette. En 2012, ils s’affichaient à côté de la photo de François Hollande. Aujourd’hui, ils ne font plus référence au PS et se revendiquent de la majorité d’Emmanuel Macron.

Des élus, qui à l’Assemblée nationale ou en tant que ministre, sont responsables de ce bilan ne pourront pas faire entendre la voix des Réunionnais. Au cours des 5 dernières années, ils ont en effet montré qu’ils défendaient les intérêts du gouvernement et pas ceux des Réunionnais. Un enjeu des élections législatives est le renouvellement du personnel politique. Pendant 5 ans, les Réunionnais n’avaient pas de député communiste, et ils n’ont pas pu se faire entendre à l’Assemblée nationale. Le prochain scrutin est l’occasion de changer cette situation en élisant des députés communistes à La Réunion, afin que la revendication de la responsabilité des Réunionnais puissent être portée au plus haut niveau.

J.B.


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