Edito

Famine à Madagascar : l’adaptation au changement climatique est une question de survie

J.B. / 12 août 2016

Le Sud de Madagascar connaît actuellement sa pire sécheresse depuis 35 ans, frappée notamment par le phénomène El Niño, qui affecte plusieurs pays du sud de l’Afrique. Depuis 35 ans, la situation a totalement changé. La population a considérablement augmenté, ce qui donne une ampleur inédite à la catastrophe. De plus, un nouvel élément est à prendre en considération : les effets du changement climatique.

La sécheresse 2016 succède à plusieurs années où le manque d’eau a fait d’importants dégâts dans le Sud de Madagascar. « Le sud de Madagascar est bien sûr très touché par El Niño, mais le problème de la sécheresse ne va pas disparaitre avec la fin du phénomène. Ici, la sécheresse est chronique », indique Elke Wisch, la représentante de l’UNICEF Madagascar. Plus d’un million de personnes sont menacées par la famine.

La croissance de la population et le changement climatique sont des phénomènes de fond. Ils pèseront encore pendant des décennies. Cela signifie que la menace de famine sera permanente dans le Sud de Madagascar si des moyens ne sont pas mis en œuvre pour s’adapter à la situation. L’adaptation au changement climatique n’est donc pas un concept abstrait, mais bien une question de survie. Mais cela pose aussi la question du financement.

Dans cette bataille, deux acteurs ont un rôle important à jouer : La Réunion et la Commission de l’océan Indien. Madagascar est un de nos plus proches voisins. Face à la crise, qu’attend donc par exemple la Région Réunion pour faire de la lutte contre la famine à Madagascar une de ses priorités ? Combien de vies pourraient être sauvées si une partie des fonds engloutis dans une soi-disant « continuité territoriale » ou une hypothétique route en mer étaient consacrés à la solidarité avec Madagascar ?

La Commission de l’océan Indien est actuellement présidée par la France. Lors des Jeux des îles 2015, des partisans du défilé de la délégation de Mayotte derrière le drapeau français avait souligné que la France était un important soutien financier, ce qui lui permettait d’imposer ses vues. Il est vrai que la France est un des pays les plus riches du monde. Avec la COI sous sa présidence, pourquoi ne pas envisager que la France abonde le budget de l’organisation internationale afin qu’elle puisse plus efficacement lutter contre la faim à Madagascar ?

J.B.


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