Edito

Fatalité et imprudence ne sont pas les seules causes d’un accident de voiture

J.B. / 27 septembre 2017

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La Réunion a été endeuillée lundi par un accident de voiture devant un lycée à Saint-André. Trois victimes sont à déplorer dont deux sont décédées. Ce drame a provoqué une grande émotion. En effet, des lycéens qui attendaient tranquillement sur le trottoir ont été fauchés par un autre lycéen au volant d’une puissante voiture. Les premiers éléments de l’enquête font apparaître une vitesse excessive.

De ce fait divers tragique, les causes privilégiées sont la fatalité ou l’imprudence. Et si la principale explication résidait ailleurs ? En effet, dans notre île, la politique des déplacements se résume à un monopole du tout-automobile. La dernière tentative de remettre en cause ce monopole a été durement combattue. Cela a abouti à l’arrêt du chantier du tram-train, et à la réaffectation des crédits prévus pour sa construction sur le chantier d’une route en mer qui favorise le développement de l’automobile à La Réunion. Il n’est donc pas étonnant que les professionnels de l’automobile se félicitent de vendre encore cette année plus de 20.000 voitures neuves qui ne font qu’encombrer un réseau routier déjà saturé.

La Réunion est une île, elle n’est pas extensible. En conséquence, la densité d’automobiles augmente et avec elle la probabilité des accidents de la route. À cela s’ajoute le fait que la plupart des automobiles vendues soient capables de dépasser 150 kilomètres par heure alors que la vitesse maximale autorisée à La Réunion est de 110. De plus, aucune mesure physique ne peut empêcher le conducteur d’un véhicule de dépasser les limitations prévues, même à proximité des écoles. La pose de ralentisseurs n’est pas un obstacle pour un 4x4.

Se pose alors la question de l’insécurité causée par la circulation des automobiles à côté des écoles pendant les heures où les trottoirs sont très fréquentés. Nombreux sont en effet les parents à déposer leurs enfants devant la porte de l’école justement parce qu’ils craignent un accident de la circulation. Or, cette situation crée une dépendance à l’automobile dès le plus jeune âge.

Le drame de lundi est malheureusement une conséquence d’une orientation qui fait de l’automobile la reine des modes de déplacement à La Réunion, alors qu’elle est par nature un moyen de transport très accidentogène du fait d’un maillon faible : le conducteur.

J.B.



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  • Ce n’est pas l’homme qui prend la vie, mais c’est la mort qui prend l’homme. Dans cette accident qui a eu lieu devant le lycée de St André, les causes de l’accident ne sont pas dues à l’infrastructure et encore moins à la machine...mais surtout au comportement de l’individu. J’ai eu l’occasion de côtoyer ce jeune...que dis-je cet apprenti chauffard, déjà son manque de discernement prédisait la destruction. Il roulait à grande vitesse sans analyser les situations de danger. Il n’avait aucune mobilité du regard pour rechercher les indices utiles. Il n’avait aucun respect des règles du code de la route et encore moins du respect de la vie d’autrui...puisqu’en ma présence, il a failli occasionner un accident grave avec un véhicule auto-école arrivant en face. Enchainant une mise en danger de la vie d’un postier qui manœuvrait à proximité. Les informations fournies par les médias précisant qu’il avait raté son permis à plusieurs reprises n’étaient pas anodines et surtout il était jeune conducteur. Sa formation pour devenir un adulte et conducteur responsable n’était pas terminée. Avec la mort de deux jeunes innocents, aujourd’hui il apprend la valeur d’une vie....mais sa vie d’adulte commence très mal avec une mise en examen et de fortes probabilités d’avoir une peine d’emprisonnement.

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