Edito

Faut-il revenir en arrière ?

J.B. / 5 mars 2013

Les manifestations revendicatives sont reparties. De Saint-Pierre, les jeunes demandent des emplois, des contrats. A Saint-Benoît, une centaine de personnes réclament le gel du prix de la bouteille de gaz à 15 euros. D’autres points chauds risquent de s’animer dans les jours qui viennent si aucune revendication n’est satisfaite.

La position des pétroliers est ébranlée par l’annonce faite par un groupement coopératif de pouvoir importer du gaz à 15 euros. Le Préfet, qui fixe le prix du gaz et du carburant à partir des informations fournies par les pétroliers, ne peut plus ignorer cette information. La population a l’impression de se trouver dans un jeu de poker menteur.

En effet, si le groupement peut vraiment aligner ces chiffres, alors cela voudrait dire que les pétroliers se font des bouts de gras sur le dos des consommateurs sans défense. Le Préfet, garant de l’ordre public, est donc en droit de sévir et maintenir le prix du gaz à 15 euros, comme précédemment, avec la possibilité pour la Région et le Département de réclamer le remboursement des sommes injustement versées.

Pour la crédibilité de l’Etat, le Préfet doit clarifier la situation, sur ce point précis comme sur celui des contrats. Il doit se retourner vers le gouvernement et informer sur l’impossibilité de résoudre la demande sociale à partir des critères prévus pour la situation française. La reprise des activités en ce début de trimestre n’est pas bonne. Le ministre Lurel est venu lancer les signatures de contrats d’avenir. Il n’en a fait que 7. Sa collègue porte-parole du gouvernement n’a pas fait mieux alors qu’elle devait initialement signer 50. Que s’est-il passé ? Du coup, un mystère entoure le chiffre 7 qui correspond également aux 7 députés qui soutiennent la majorité présidentielle.

Trêve de plaisanterie, nous sommes dans un océan de misère psychologique et sociale, en ce début de vacances scolaires. Plus grave encore, les pouvoirs publics sont coupés des réalités de beaucoup de familles, qui n’ont pas les moyens de subvenir correctement aux besoins des enfants. L’INSEE a annoncé que 58% des enfants vivent sous le seuil de pauvreté. Cela éclaire d’un jour nouveau l’assiduité scolaire. Durant la période scolaire, ces enfants ont un repas chaud et équilibré à la cantine. Ils ne sont pas livrés à eux-mêmes.

Les familles sont tellement démunies qu’on se demande s’il ne faudrait pas revenir à 30 ans en arrière quand les communes communistes continuaient à offrir le petit déjeuner et un repas chaud pendant les vacances. Cela a permis de soulager le maigre budget des familles et montrer de la considération envers des enfants. Les familles sont tellement démunies qu’on se demande s’il ne faudrait pas revenir à 30 ans en arrière quand les communes communistes continuaient à offrir le petit déjeuner et un repas chaud pendant les vacances. Cela a permis de soulager le maigre budget des familles et montrer de la considération envers des enfants.

J.B.


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