Edito

Filière canne : irresponsabilité ou incompétence d’Ericka Bareigts ?

J.B. / 8 juin 2017

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Cet après-midi, les acteurs de la filière canne-sucre ont rendez-vous cet après-midi à la préfecture. L’État servira d’intermédiaire et recevra séparément les délégations des planteurs et de Tereos. L’industriel ne veut en effet pas retourner à la table des négociations tant que les usines seront bloquées par les planteurs en lutte.

Dans le JIR de ce matin, Jean-Bernard Gonthier, président de la Chambre d’Agriculture, rappelle que le coût de production d’une tonne de canne est de 60 euros. Dans la même page, Philippe Labro, président de Tereos Océan Indien, indique que satisfaire la revendication des planteurs, c’est-à-dire une hausse de 6 euros du prix de référence de la tonne de canne à sucre, équivaut à une hausse de 33 % du coût de la matière première pour l’industriel. Cela signifie qu’il ne paie donc réellement la canne que 18 euros par tonne, le reste vient donc des subventions qu’il reçoit de l’État et de l’Europe. Et de dire que ce serait à l’État de payer une telle augmentation.

Cette prise de position renvoie au rappel fait hier par Ary Yée Chong Tchi Kan lors de la conférence de presse d’Elie Hoarau. Planteurs et industriels étaient ensemble pour demander à l’État de tenir sa promesse de verser une subvention supplémentaire de 28 millions d’euros pour faire face à la suppression des quotas sucriers. Mais le résultat de la démarche de la France auprès de l’Union européenne a été d’attribuer intégralement cette somme aux industriels. C’est une tragique erreur du gouvernement. Il aurait dû faire le nécessaire pour qu’une partie de l’enveloppe soit donnée aux planteurs dans le but d’augmenter leur revenu.

Les députés sortants, en particulier Ericka Bareigts, mettent en avant cette subvention comme un point positif de leur bilan. La députée de Saint-Denis était en effet ministre au moment où ont eu lieu les discussions avec l’Europe, et quand le décret d’application de la décision a été signé. La crise actuelle montre que la vérité est toute autre. Elle est une des conséquences de leur faillite durant 5 ans à l’Assemblée nationale. Plus que jamais, le temps du changement est venu.

J.B.


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