Edito

Grèce : quand le prix à payer par l’UE tourne à l’hypocrisie

J.B. / 27 juin 2015

Ces derniers jours, les discussions entre le gouvernement populaire de la Grèce et les dirigeants de l’Union Européenne tournent à la farce. Selon des médias de mauvaise augure, le Premier ministre Grec et son ministre des Finances sont présentés comme des irresponsables capables de mettre en péril leur pays. Cette fois, les délais de la catastrophe se rapprocheraient de la date fatidique du 30 juin où le pays doit rembourser ses créanciers, notamment le Fonds Monétaire International.

Pourtant, la délégation grecque a une mission très claire qui lui a été dictée par les urnes : le peuple ne veut pas payer pour les banques qui sont en faillite. Les institutions européennes et le FMI se sont précipités pour sauver les banques. Ils ont mis des milliards dans le circuit financier pour permettre aux spéculateurs de continuer à jouer, à charge pour l’Etat de rembourser, avec des intérêts bien entendu. Dans ce trafic, les gagnants sont les banquiers privés ou institutionnels. Les perdants sont les contributeurs, c’est à dire le peuple : licenciements massifs, baisse des salaires et des retraites, privatisations abusives, etc.

La Banque centrale européenne vient de racheter plus de 1000 milliards de dettes toxiques essentiellement privées. D’un coup de baguette magique, par cette opération, les banques se refont une santé. L’hypocrisie des créanciers soutenus par des chefs d’Etat européens atteints le sommet quand on apprend que les sanctions économiques contre la Russie, initialement prévues d’être levées pour juillet, ont été prolongées de 6 mois. La Russie a riposté. Les pertes des entreprises européennes sont estimées à plus de 200 milliards. Qui avaient dit que les entreprises étaient sacrées et que l’Etat ne devait pas s’immiscer dans les affaires des créateurs de richesses ?

Tout cela pour faire plaisir aux Etats-Unis. Ces derniers sont responsables de la crise des “Subprimes” de 2008 qui ont contaminé l’Europe, et conduit aux conséquences que nous subissons encore. Ils veulent croiser le fer avec la Russie pour continuer à développer leurs industries de l’armement. Ils n’ont donc que faire de la Paix mondiale et l’Europe est trop tranquille. En signe de récompense, ils écoutent les conversations téléphoniques des dirigeants européens. Pendant ce temps, ils continuent à coopérer avec les Russes qui doivent bien rigoler de la situation tragi-comique des dirigeants européens.

Dans ce contexte, c’est la fermeté de la Grèce qui pourra sauver l’UE de l’hypocrisie collective. C’est le vrai prix à payer.


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