Edito

Heureusement, il y avait "Témoignages", le PCR et ses élus

J.B. / 30 mai 2013

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Hier soir, il y a eu la projection du film de William Cally : « Une enfance en exil » consacré aux « Enfants de la Creuse » que "Témoignages" vous a déjà présentée. Les Réunionnais ont pu voir une page sombre de leur Histoire et de celle de la France. Dans le débat qui a suivi, Sudel Fuma a signalé le rôle de "Témoignages".

Tout d’abord, rendons hommage aux victimes directes de cette tragédie : les enfants et les adultes qu’ils sont devenus. Saluons leur courage et leur soif de Dignité. Ensuite, accordons une bonne note aux réalisateurs du documentaire. Une œuvre de qualité et de valeur pédagogique. Enfin, tirons les leçons politiques de cette décision politique. Car, c’est bien l’Histoire qui juge les décideurs politiques.

L’histoire de ces enfants est une véritable tragédie dans un pays qui, en 350 ans, a connu l’esclavage, l’engagisme, la colonisation et, dans la période contemporaine : la déportation de 1.600 enfants, l’exil forcé et quasi définitif de dizaines de milliers de jeunes à travers le Bumidom et l’exclusion de militants politiques proches du PCR. Ces derniers ont eu gain de cause, l’ordonnance Debré a été abrogée et ils sont retournés. La France a reconnu que l’esclavage est un crime contre l’Humanité. Les déportés de la Creuse réclament reconnaissance et réparation ; les exilés et leurs descendances sont sans espoir de retour. Pour être complet, le tableau ne doit pas oublier l’épisode de la Sakay où La Réunion était devenue colonie colonisatrice des Malgaches.

Les Enfants de la Creuse renvoient chacun d’entre nous à notre propre conscience. L’historien Sudel Fuma a rappelé le rôle joué par le journal "Témoignages". Lors de l’avant-première au Port, il avait cité le nom de Bruny Payet, élu du PCR au Conseil Général. Tout cela revient à souligner le rôle essentiel joué par le Parti Communiste Réunionnais dans la lutte pour la Liberté et la Dignité des Réunionnais. C’est la démonstration que La Réunion a une Histoire. Le documentaire sur les Enfants de la Creuse justifie amplement que l’Histoire Réunionnaise doit être enseignée. A contrario, les Français doivent tirer du fénoir des pages entières de l’Histoire cachée de leur pays, la France.

Tout au long de cette période des années soixante, le nom de Michel Debré est revenu souvent pour rappeler qu’il était à l’origine de ces décisions. À l’époque, c’était un homme politique puissant, c’était le premier chef de gouvernement de la Ve République Française. C’était le rédacteur de la Constitution de 1958, actuellement en vigueur. Passé au crible de l’Histoire, le jugement est négatif.

Il n’a suffi qu’un demi-siècle pour que toute l’imagerie autour de cet homme providentiel s’écroule. On dit qu’il a été « rattrapé » par l’Histoire.

De l’autre côté, c’est l’Histoire qui réaffirme le rôle du PCR et de ses dirigeants, ses élus et son journal "Témoignages".

J.B.


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