Edito

Historique : hier, à la tribune des Nations Unies, Mahamoud Abbas, président de l’Autorité palestinienne a demandé officiellement la reconnaissance de son pays comme 194e membre de l’ONU

J.B. / 24 septembre 2011

C’est à la tribune de l’Assemblée générale des Nations Unies que le chef de l’Autorité palestinienne a pris la parole pour soutenir cette demande légitime. Les puissances occidentales ont tout essayé pour le dissuader d’exécuter son initiative. Malgré tout, n’écoutant que son courage et celui de son peuple, il est allé jusqu’au bout de son engagement.
Dans les territoires palestiniens, c’était la fête. Les foules en liesse sentaient bien que leur pays venait de marquer une étape importante vers la reconnaissance et la paix. Désormais, la demande va suivre les procédures appropriées. Si cette initiative est une victoire évidente des Palestiniens, elle signe la défaite des grandes puissances occidentales qui toujours repoussé l’échéance. M. Abbas a déclaré qu’il vivait ces derniers jours « un enfer ».

Un enfer pavé de bonnes intentions.

Il y a eu d’abord, les États-Unis qui, par la voie de Barack Obama, a déclaré qu’il s’y opposerait. Il revenait ainsi sur une promesse faite publiquement l’an dernier, à la même époque, qu’il soutiendrait la reconnaissance d’un État palestinien. Ensuite, c’est l’inimitable président français qui s’est offert un numéro d’équilibriste pour ne pas voter la reconnaissance. À la place, il propose un « machin » dont la référence serait le statut du « Vatican ». Au manque de courage des 2 présidents occidentaux, il fallait ajouter le mépris des Palestiniens qui vivent sous les bombes d’Israël depuis un demi-siècle : Obama et Sarkozy l’ont fait ! Le premier a dit que cette demande est « un raccourci historique », l’autre propose de tenir en France, une réunion de pays donateurs, comme si les Palestiniens n’avaient pas de dignité et devrait nier leur propre calendrier pour celui de Sarkozy qui est paralysé par un budget de rigueur et des affaires de corruption au sommet de l’État. Durant, un demi-siècle, les puissances occidentales ont failli à leur mission mais distille les bonnes intentions.

Abbas a ouvert une brèche dans la stratégie de soutien des Occidentaux à Israël. Désormais, la direction de la lutte a changé de camps. Abbas n’a pas cédé sur le fond : il a demandé la reconnaissance des frontières de 1967, et la désignation de Jérusalem — est comme capitale du nouvel État.

Voilà où conduisent des conservateurs qui pensent qu’ils peuvent freiner l’histoire des peuples à plus de liberté et de respect.

J.B.


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