Edito

Huguette Bello va-t-elle payer le prix de ses trahisons envers les députés communistes ?

J.B. / 1er juin 2016

Dans notre édito d’hier, nous avions souligné le manque de solidarité de Huguette Bello à l’égard du groupe des députés communistes lors du vote de la dernière motion de censure. Mais comment y expliquer sa présence ?

À l’Assemblée nationale, il faut au minimum 15 élus pour constituer un groupe parlementaire. Cette organisation permet aux députés qui en sont membres de disposer d’un plus grand temps de parole, de moyens supplémentaires, de participer aux commissions. Ceci leur permet de peser sur les travaux de l’Assemblée, même s’ils sont dans l’opposition. Cela leur donne aussi une exposition médiatique plus grande.

Lors des élections législatives de 2012, le PCF n’avait pas assez de députés pour constituer un groupe. Par solidarité avec les camarades français, le PCR ne s’est pas opposé à ce que Huguette Bello rejoigne les députés communistes pour satisfaire au seuil fixé. Cette adhésion a débouché sur nombre de trahisons. L’examen des scrutins des projets de loi de finances sont révélateurs. Ce sont les textes essentiels d’une majorité, car ils fixent les fonds alloués par les députés à l’action du gouvernement. C’est ainsi que la loi de finances a déterminé la fin du RSTA, tout simplement parce que les sommes prévues pour augmenter les bas-salaires à La Réunion n’étaient plus inscrites dans le budget.

Depuis quasiment le début du mandat de François Hollande, les gouvernements mènent une politique d’austérité. Cela se traduit par des difficultés supplémentaires infligées aux plus pauvres, qui subissent les conséquences de la réduction des moyens alloués aux services publics et aux collectivités.

Force est de constater que Huguette Bello n’a pas été solidaire des députés communistes lors de ces votes importants. Lors du projet de loi de finances pour 2013, les députés communistes se sont abstenus, Huguette Bello a voté pour. Sur les projets de loi de finances 2014, 2015 et 2016, les communistes ont voté contre, Huguette Bello s’est abstenue. Cette attitude pouvait bénéficier d’une certaine impunité, car son départ aurait entraîné la fin du groupe communiste.

Mais un événement important a eu lieu le mois dernier. François de Rugy, Eric Alauzet, Christophe Cavard, François-Michel Lambert, Véronique Massonneau et Paul Molac ont décidé de quitter le groupe EELV de l’Assemblée nationale pour adhérer à celui du Parti socialiste. Ce dernier a même changé de nom pour prendre en compte cette nouvelle composante. La décision de ces élus fait suite aux divisions chez les Verts au sujet de la participation au gouvernement. Le groupe écologiste n’existe plus. Il faut en effet un minimum de 15 élus et il n’en reste que 9.

Il pourrait donc être envisageable que ces 9 députés rejoignent les communistes pour former un groupe résolument opposé à la politique de régression sociale illustrée par le projet de loi El Khomri. Dans ce cas, la présence de Huguette Bello dans le groupe parlementaire des communistes n’est plus indispensable. Cela aurait le mérite de clarifier les choses, car si son parti, le PLR, veut discuter avec le PS pour sauver sa seule députée, autant que Huguette Bello soit dans le seul groupe parlementaire qui soutient résolument la loi El Khomri. Nul doute qu’elle y sera accueillie à bras ouverts.

J.B.



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  • Le PLR et Me Bello sont associés à la politique austère et néfaste du PS. C’est la négociation qu’elle semble avoir eu pour les Régionales. Cela a conduit à un échec. Cela conduira à un autre échec. Peu soucieuse de son parti et encore moins de l’avenir de l’île ce qui l’intéresse c’est son mandat. Du coup quel intérêt ? Car elle est prête à tout ; son alliance avec TAK ou son alliance avec TH le prouvent ! Elle en fin de route et épuisée, incapable de développer son propre parti.

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