Edito

Il n’y a pas photo

Geoffroy Géraud-Legros / 12 février 2011

Il fallait s’y attendre. Il a suffi que le PCR donne à Saint-Pierre une conférence de presse pour dénoncer l’utilisation politique des contrats aidés, pour que l’UMP réplique par les voix bien accordées de Jean-Claude Lacouture, maire et conseiller général d’Étang-Salé, et de Monica Govindin, candidate sarkoziste sur le 2ème canton du Port. Cette dernière publie un document prouvant selon elle que le Conseil général a lui aussi "ses" emplois aidés, destinés aux cantons renouvelables.
« C’est celui qui dit qui l’est » : voilà en substance l’argument de fond présenté par Mme Govindin, qui, soit dit en passant, cumule indemnités d’élus et « ti contrat » de l’IRT, où elle est passée de la refonte des statuts à la promotion des villages créoles. Des emplois dont n’est jamais sortie la moindre réalisation concrète, mais qui rapportent sensiblement plus qu’un CUI ou un emploi vert. De la part de Lacouture, qui sabre dans les contrats aidés aussi hardiment qu’il coupe des têtes dans son conseil municipal, c’est un peu l’hôpital qui se f… de la charité.

Mais l’erreur serait de rentrer dans les calculs de boutiquiers où s’empêtrent ces deux porte-parole de l’UMP qui, avec un souverain mépris pour les travailleurs, regardent à la loupe « kisa la gagné, kisa la pa gagné… » pour tenter de démontrer qu’en cherchant bien, on peut trouver un peu de leurs turpitudes chez les autres.
La véritable question citoyenne est tout autre : elle consiste à rechercher si les emplois sont réellement pourvus. Peu importe, s’ils le sont, qu’ils aient été octroyés par la Région ou par le Département, qu’ils profitent aux amis des uns ou des autres, que les cantons bénéficiaires soient ou non renouvelables. Le drame social, c’est le chômage : les citoyens ont le droit de savoir si la solidarité à laquelle ils participent est effective, ou si elle est détournée. Et là, visiblement, il y a des différences de taille, dont chacun, d’ailleurs, peut se rendre compte par soi-même.

Il suffit à celui qui passe la limite nord de la commune de l’Étang-Salé de tourner la tête pour constater le travail d’entretien accompli par les associations visées par M. Lacouture. Un chantier d’intérêt public qui tranche avec la scène que décrivait le journaliste Idriss Issa il y a quelques jours : des contractuels récemment embauchés par une association proche de Didier Robert se rendant chaque matin sur un terrain, sans avoir le moindre travail, et finissent par rentrer chez eux. Il n’y a pas photo.

G.G.-L.


Kanalreunion.com