Edito

Il y a des jours où pleurer devient ridicule

J.B. / 18 juin 2013

Le débat économique actuel est totalement sur-réaliste.

Le modèle économique de notre société est d’essence ultra-libérale. Ses promoteurs exigent le moins d’États possible et le plus possible de liberté d’entreprendre, c’est-à-dire de laisser le détenteur du capital d’agir à sa guise. Pour peu que les travailleurs ou l’État réclament une petite contribution supplémentaire, ces grands défenseurs du libéralisme crient au scandale, comme si on leur avait arraché un morceau de peau.

Et puis, un jour le masque tombe. Voilà des entrepreneurs qui se targuent d’être la crème de la société en train de quémander des exonérations sociales et fiscales, des aides à l’embauche, des réductions et crédits d’impôts, le financement des apprentis etc. Malgré ces avantages, il paraît que 7 à 8.000 entreprises cumulent 1 milliard d’euros de dettes et d’actifs pourris.

La défiscalisation des investissements est un bon exemple. D’après ces adeptes de la liberté d’entreprendre, si on arrête les réductions d’impôts au titre de la défiscalisation des investissements Outre Mer, alors ils annoncent l’apocalypse. L’État est appelé à la rescousse pour financer des logements sociaux sur lesquels prospèrent des entrepreneurs, financeurs, architectes et bureaux d’études. En d’autres termes sans l’aide des pouvoirs publics, tout l’édifice s’écroule.

Peut-on démontrer plus clairement la faillite du capitalisme réunionnais, incapable de penser et d’agir en Réunionnais, libre et responsable de ses choix ? Ils se prétendent des créateurs alors qu’ils sont des rentiers de l’action publique. Le commerce de grande distribution est typique de ce comportement. Ils attendent l’arrivée des aides sociales aux plus démunis pour lancer des opérations promotionnelles qui consistent à siphonner la p’tite monnaie sociale. Après, le frigidaire est vide dès le milieu du mois.

La grande leçon à retenir c’est que le monde de l’entreprise vit aux crochets de l’État, n’est-ce pas la définition de l’assistanat.

J.B.


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